Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot

Publié le par Madame Tassanie

Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot

Les Adieux à la reine

de Benoît Jacquot

Ce soir à la télévision, j'ai eu une vision. J'ai vu qu'il n'y avait rien de bien passionnant à part Profilages sur TF1 et que j'allais bailler aux corneilles. Ne voyant aucune corneille autour de moi je me suis dit que finalement je ferais mieux de chercher un film qui me ferait pleurer des larmes de crocodiles (si vous avez d'autres métaphores animalières?). J'ai finalement trouvé sur la 3 (France 3), le film de Benoît Jacquot "Les Adieux à la reine", film que j'avais acheté via iTunes il y a un bail (mais où sont ces fichues corneilles???) et que je n'avais jamais regardé en fait, parce qu'en fait j'avais juste aimé l'affiche…

Bref, il est 20h50, j'ai loupé le début car j'étais en train de regarder Le Petit Journal sur Canal +. Comme je riais jaune j'ai préféré l'absolu silence et l'incroyable immobilité du film de Benoît Jacquot. Au départ j'ai souffert. Rien ne se passait. Moi qui m'attendait à des scènes torrides entre Marie Antoinette (alias Diane Kruger) et Mlle Laborde (alias Léa Seydoux qu'on voit partout désormais et dont personnellement j'admire le talent), ou encore des galipettes avec la duchesse de Polignac (alias Virginie Ledoyen, nominée aux Césars ...). Eh bien non, rien. J'en ai voulu à la redevance télé… j'en ai voulu au service publique. Damn you France Télévision!

Et pourtant, le film, je l'ai visionné en entier. Oui, vous m'avez bien entendu, 1h40 en entier moins 5 minutes…

  • Ce que j'ai aimé: le film a fait le choix de très jolies actrices certes, mais cela ne fait pas tout. Seule Léa Seydoux et quelques rôles secondaires s'en sortent extrêmement bien. Léa Seydoux joue toujours sur le fil du rasoir entre visage larmoyant et visage lumineux, elle illumine l'écran mais j'étais dans le noir total pour le reste et du reste j'avais éteint ma lampe… J'ai aimé les costumes, qui il me semble ont été récompensés aux Césars 2013. La robe verte de la duchesse de Polignac est juste une tuerie, je tuerais pour l'avoir sauf que lorsque je me promènerai dans les rues avec, je crois bien que je me ferais lyncher comme en 1789… Enfin, les décors étaient assez minimalistes mais respectueux de l'époque, aussi je crois récompensés aux Césars. J'ai aimé la fin. La fin est très habile. On termine sur la voix douce de Léa Seydoux dont l'avenir est incertain et on ressent bien l'incertitude et le danger qui régnaient en 1789. Le moment que j'ai trouvé juste (parmi d'autres quand même, c'est quand le Roi Louis, seizième du nom, dit à la Reine qu'il se rend sur Paris! Ah le malheureux!!! Il va donc droit à l'échafaud! C'est là qu'il dit à la Reine Marie Antoinette qu'il ne comprend pas pourquoi le peuple selon le nouveau Maire de Paris veut du pain et du pouvoir alors qu'il a toujours détesté la notion de pouvoir, promesse qu'on lui a toujours servie habillée d'un manteau d'hermine (ah encore un animal mais décédé cette fois, désolée), bref ce moment est véridique car Louis XVI ne voulait pas vraiment être roi. Il détestait sa carrière, vous comprenez...).

Marie Antoinette, on veut ta tête! Mais quelle horreur n'est-ce pas? Le scénario est assez bien ficelé pour laisser s'instiller en nous l'impression que nous sommes du côté de la noblesse. Le peuple n'a pas de place dans ce film. Regard condescendant?

  • Ce que je n'ai pas aimé: Diane Kruger… je l'adore dans des rôles où on ne l'attend pas (exemple: le film de Tarantino ''Inglorious Basterds'') mais vraiment ici, elle fait une piètre Marie Antoinette, et j'ai peine à la voir s'affoler de perdre sa tête alors qu'elle perd la tête pour sa duchesse. Je n'ai pas apprécié l'inertie du film, alors que pour beaucoup de films cela ne me dérange en rien. Mais j'étais déjà assise dans une position étrange, et ne pas bouger devant un objet filmique qui ne bouge pas eh ben, je peux vous dire que cela fait mal au c*l! Pas touche à la Sainte Nitouche! On pensait jusque là que Marie Antoinette était très puritaine (elle l'était tout de même), jusqu'à ce que débarque l'OVNI de Sofia Coppola rock'n'roll et sucres d'orge, mais là Jacquot, alors Jacquot qu'est-ce qu'il t'arrive??? Le film reste impuissant à nous émoustiller sur le sujet qu'il aborde: la reine et ses intrigues de Cour, sensuelle et romantique… ben non en fait, coucheries et niaiseries, Benoît Jacquot se prélasse devant sa caméra à se regarder filmer (quoique quelques mouvements de caméra soient très bien pensés!). Les Adieux à la reine met un accent sur les "adieux" et c'est bien le problème. Parce que la reine finalement on s'en fiche, on aime bien les coulisses de Versailles plutôt que les gens de la "haute", on préfère voir la peur se lire sur les visages des futurs décapités… Le château est froid, les personnages n'ont aucune chaleur et aucun attrait à part Léa Seydoux comme je vous le répète. Néanmoins je peux bien dire que ce film m'a quelque peu divertie. Parce que si j'avais regardé Profilages sur TF1, je ne sais pas ce que je me serais fait subir? (des scarifications à l'effigie de Claire Chazal sur le torse qui sait?).

Je voulais du gâteau, j'ai eu une soupe froide… déçue, je n'ai pourtant pas zappé. France 3 devrait me remercier.

Note: 13/20

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