Truffaut dans tous ses états

Publié le par Madame Tassanie

F. Truffaut
F. Truffaut

Truffaut dans tous ses états

On fête Truffaut en ce moment. Mort il y a 30 ans en octobre 1984. On fête surtout son dernier succès "Le Dernier Métro". Pour vous, chers lecteurs, je vais parler de François Truffaut, parce que j'en suis fan. Fan, au point de décortiquer ses films et de lire tout ce qui traîne à son sujet, oui presque. Truffaut est une maladie. Cette maladie se soigne en 5 points, voici lesquels:

1. Voir et revoir les Quatre Cents Coups

Ce film est le premier de François Truffaut que j'ai regardé. C'était un soir sur Arte. Arte est une chaîne qui a le don de me donner de l'urticaire à force de diffuser du contenu à couper le souffle. Bref, je me suis dit, regardons un Truffaut, pourquoi pas? Après tout, je me clamais bien cinéphile, alors il fallait bien passer par la case Truffaut après les Bergman et Godard que j'adorais au point de leur ériger un temple. Cette soirée ne fut pas comme les autres. Lorsque j'ai regardé Les Quatre Cents Coups, une vague (nouvelle) m'a envahie. J'ai aimé Jean-Pierre Léaud, si juste dans le rôle du gamin, cette acuité à percevoir ce que l'enfant voit, ce qu'il y a autour de lui à son âge, comme si sa vie nous appartenait un peu, rentrer dans l'intimité d'une famille. En 1959, année de sortie du film, ma maman naissait. (Oups, ne lui dites pas que j'ai révélé sa date de naissance). Quand à la fin Jean-Pierre Léaud s'enfuit, court, court, après ses quatre cents coups, qu'il rejoint la mer, j'avais les larmes aux yeux. Merci, Truffaut pour ce film qui fait partie de ceux qui vous font grandir et voir qu'il existe un autre cinéma. Ce film c'est un peu: "Qu'est-ce qu'on va faire de toi?" Un gamin de 12 ans qui joue au voyou parce qu'il s'ennuie après tout, et qui finit en maison de correction pour mineurs. L'enfermement, la déception, la colère, le désarroi, on ressent tout chez Truffaut. C'est la première fois que j'ai compris le sens de "film universel".

2. Lire les Cahiers du Cinéma dont ceux de Truffaut

Il fait partie de ceux qui auront inventé la Nouvelle Vague. A partir de là, réaliser des films, écrire des scénarii n'était pas suffisant, il fallait aussi avoir été critique de cinéma. Avoir l'œil pour ce qui est neuf, innovant, ou au contraire ce qui jure avec la société et l'art en général. Lire aussi les publications de ses essais sur un réalisateur qui reste mon favori: Le cinéma selon Alfred Hitchcock (1966-83)… ou comment passer par la critique des grands maîtres. Ah l'amour du cinéma est un virus.

3. Voir le documentaire d'Anne Andreu

Sorti en 2012, encore sur Arte, le documentaire est intitulé François Truffaut, une autobiographie d'Anne Andreu. Parsemé de nombreux témoignages très précieux (Catherine Deneuve qui jouera dans Le Dernier Métro avec énormément de sensibilité et de justesse en compagnie de Gérard Depardieu, ou encore Woody Allen qui ne nie pas son inspiration des réalisateurs de la Nouvelle Vague dont il a perpétué le travail).

4. Ecouter Vincent Delerm

Parce que je ne le nie pas, Vincent Delerm est pour moi un véritable artiste accompli. D'abord tenté par le cinéma, il se mettra rapidement à l'écriture et chantera au piano ses propres chansons. Il écrira en hommage au film de Truffaut Fanny Ardant et Moi, et si vous allez à ses concerts aujourd'hui, vous remarquerez qu'il ne cite plus Fanny Ardant comme actrice. Mais au départ, c'était bien un hommage. On a souvent fait appel à Delerm pour parler de Truffaut dans des documentaires ou des reportages. Delerm adore d'ailleurs reprendre des chansons que François Truffaut incluait dans ses films, comme dans Jules et Jim la chanson Le Tourbillon chanté par Jeanne Moreau devenue culte. Ou encore la chanson de Boby Lapointe Framboise et Marcelle lorsque Charles Aznavour stoppe le piano et quitte précipitamment le bar dans le film Tirez sur le pianiste avec la très jolie Marie Dubois. Et enfin, Vincent Delerm a gardé des influences de l'instrumentiste et compositeur Georges Delerue (dont il faut écouter toute l'œuvre, j'ai le coffret collector).

5. Aimer la littérature

Truffaut était un grand lecteur. Dans sa correspondance épistolaire, il raconte combien il est sensible aux œuvres de Balzac, Proust, etc. On voit d'ailleurs que cette sensibilité se retrouve dans des films intimistes, sa façon de filmer les femmes, sa façon de filmer les villes,… les silences des plans séquences parfois… en disent long sur son rapport littérature/image. Il a aussi fait une grande partie de ses films en adaptant des romans, parce qu'il était un excellent raconteur d'histoires et non pas un documentariste comme Godard qui mélangera les deux styles. Il a adapté Tirez sur le pianiste, La Mariée était en noir, Jules et Jim, La Sirène du Mississipi, Les Deux Anglaises et le continent, et d'autres.

Maintenant, vous êtes prévenus. Alors sortez couverts.

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