Moi à la #ForêtdesLivres 2016

Publié le par isharethiswithyou

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Forêt des Livres 2016

Résumé

 

Arrivés à 11h30 avec Arnaud, nous nous sommes garés dans le parking situé dans un champ. Très "champêtre et pittoresque", me replique-t-il. En effet, lui qui ne connaît pas encore ce festival littéraire hors norme, il n'est pas au bout de ses surprises! (d'ailleurs les roues de sa voiture auront souffert....) La twingo cahote tant bien que mal sur la terre sèche et rocailleuse du champ et nous finissons à pieds par nous rendre dans la navette, un autobus affrété pour l'occasion jusque dans Chanceaux centre. Chanceaux Près Loches est un miniscule village. Nous descendons du bus, il est 11h35, nous atterrissons dans la grande allée d'arbres centenaires, les tables des écrivains sont dressées. J'ai déjà mal partout mais nous continuons à avancer et des voix nous parviennent. Gonzague Saint Bris est déjà en train de remettre des prix en pialliant joyeusement ! Le cuisinier Alléno reçoit son prix, puis d'autres, Michel Cymès, acclamé, Renaud, acclamé, Roman Polanski, acclamé. Bref une rigolade.

11h45. Gonzague Saint Bris accueille Renaud, tout le monde applaudit, que dis-je: c'est un tonnerre d'applaudissements. Un peu comme quand Aznavour était venu. Gonzague décide de passer 2 chansons de Renaud. Tout le monde frappe dans ses mains, tout le monde chante. Et quand le vent soufflera !... ou encore "Lolaaaaaaaaa... tu sais ma môme que j'suis Morgane de toiiiiii...." J'adore, je love. Renaud titube en descendant les marches, j'ai bien cru qu'il allait mourir. Il tremble comme une feuille, plaisante en disant qu'il a eu une soirée arrosée au Clos Lucé. Bravo Renaud... que dirait François Ier ? Renaud élude le discours officiel et dit : "J'espère que vous n'achèterez pas trop de livres", pour ne pas avoir à signer pendant des heures, ça le saoule quoi. Le public éclate de rire, ému par sa... fragilité ????

12h. Nous allons pique-niquer dans un coin tranquille, c'est-à-dire là où il n'y a pas le bruit des gens et les crottes d'oie. J'étends un plaid par terre, je sors les sandwichs. Attention on ne rigole plus. On mange. Des militaires passent. Armés jusqu'aux dents. Des gendarmes passent. En riant. Je montre d'abord à mon chéri le beau château, les recoins, l'étang, les oies, les stands. On sent la saucisse et la frite qui dorent sur les assiettes des touristes-convives. On nous fouille les sacs et on plaisante sur leur contenu. De la nourriture et des livres. Ah pas de kalach', alors ça va.

13h20. Nous allons faire un premier tour. Je rencontre une auteure Clô Chauvin-Tachot qui a écrit sur Henri Mondeux, http://www.huguesdechivre.fr/plusinfo.php?id=89, ça m'intéresse, elle papotte, me raconte ses recherches, Arnaud s'impatiente derrière, (de la fumée sortirait de ses narines que ça ne m'étonnerait pas), j'achète le livre, elle me le dédicace. 15 euros. Hop.

13h30. Nous continuons notre tour des stands. Je passe devant l'association à laquelle je suis adhérente Signature Touraine http://www.signature-touraine.fr/ puis vers d'autres stands où trônent quelques stars en manque d'amour. Julien Lepers vend ses livres à une poignée d'admirateurs secrets en criant à la volée comme un marchand de poissons "Pas chers mes livres!", Bernard de la Villardière est seul, il attend, scrute, il y a aussi un animateur obscur dont je ne sais plus le nom, de M6, qui est encore plus seul, des membres de l'Académie française discutent, des écrivains plutôt bien cotés sont assaillis de lecteurs assidus, Vitoux, Rey, et d'autres...

13h50. Nous allons vers l'allée des bouquinistes et des éditeurs indépendants. Fabrice Lucchini ne viendra qu'à 16h il est en retard. Peut-être a-t-il eu peur au dernier moment de la cohue, du ramdam de la Forêt des Livres? Allez Fabrice, du Lexomil et c'est bon tu peux venir! Des groupies t'attendent assises sur la table de ton stand. Flippantes.

14h. Je fais une razzia de livres chez les bouquinistes. 5 livres pour 10 euros. 2 euros le livre quoi. J'achète Alabama Song, un Paul Auster, un Luis Sepulveda... Arnaud tente de les faire rentrer dans le sac à dos. Peine perdue. Je l'entends qui soupire. Puis il va errer près des stands de beaux livres. Il trouve un livre sur la géographie des noms de famille. Apparemment son nom de famillle est le plus répandu en Alsace. Il me tire la manche et m'oriente vers des livres de botanique, mon truc quoi. Je repère dans un lexique le nom de Fuchs, Leonhart, mon héros, celui de mon mémoire de Master.

14h30. J'ai tellement mal, j'en ai marre que la douleur vienne sans cesse gâcher les meilleurs moment, j'avale une gélule, je bois un coup et je me reprends, appuyée sur ma canne-siège, je demande à Arnaud si je peux aller m'asseoir à l'ombre tandis qu'il feuillette des beaux livres. Nous trouvons une table, un banc, j'admire mes nouvelles acquisitions livresques. Nous avons failli mourir écraser par une tente qui s'est envolée avec la furie soudaine du vent. La mort est si proche parfois... haha *éclats de rire du diable en personne*

14h40. Steevy Boulay s'amuse à faire des selfies avec des passants qui s'éclatent la panse avec lui. Il a écrit son premier roman, en auto édition. Dieu qu'il est beau comme un coeur.

14h45. On prend des photos. Il y a une queue d'1h pour Renaud, avec des gens hétéroclites, dont certains tatoués et vêtus de cuir, les bébés pleurent dans les poussettes, les perches à selfie nous envahissent le paysage, nous les contournons. Nous photographions Pelloux exténué, Lepers qui gesticule, ...

15h. Nous traversons l'allée d'arbres à nouveau. Je cherche du regard dans la foule Hélène Carrère d'Encausse. J'ai son livre Catherine II à faire dédicacer. Je ne vois personne il y a trop de monde qui se précipite sur les stands. Je passe devant Axel Kahn, Irène Frain, Bernard Mabille, Gonzague Saint Bris qui passe en revue les écrivains comme un général militaire en parlant aux journalistes avec de grands gestes, Mylène Demongeot et Babette de Rozière brillent de gaieté aussi, je m'arrête devant Michel Cymès où un troupeau de fans sauvages s'écharpent en se donnant des coups de coude et des coups de ventre. Ca meugle. Je passe, me faufile, Arnaud, cet homme fort et téméraire *aucune ironie*, me protège et m'aide à trouver mon chemin. Je me fais écraser les pieds, éclater le bide, on me pousse devant, derrière, vous n'auriez jamais pu être aussi intimes avec des inconnus que dans cette situation. Je sens l'haleine de phacochère d'une dame qui prend une photo avec un minuscule téléphone rouge. Je demande à acheter un livre, "Hippocrate aux Enfers", d'autres hurlent, je m'avance tant bien que mal, au bout de 10 min j'obtiens mon livre, on ne me rend pas la monnaie. 20 euros pour 18,50... Bam! Michel Cymès est sollicité par un secouriste et des gendarmes car quelqu'un a eu un malaise. Zut. Je souris à Michel. Michel me sourit. Y a du feeling entre nous. Ou pas. Il a l'air fatigué mais heureux. De la sueur perle à son front. Il signe sans regarder ce qu'il écrit. Plus vite que son ombre. Il me demande mon prénom, je réponds "Tassanie", il fronce les sourcils d'un air de dire "oh putain", je répète "Tassanie, TASSANIE! T-A-S-S-A-N-I-E" il aquiesce, gribouille un truc, me sourit, se tourne vers Patrice Romedenne qui l'a aidé pour un autre bouquin, il lui dit "J'te l'fais pas signer celui-là, c'est moi qui l'ai écrit tout seul, haha". Je ris. Michel me sourit à pleines dents et me tend le livre. Je m'en vais en nageant dans la foule compacte qui ne me laisse pas sortir. J'étouffe. Arnaud m'aide en poussant les autres, et en criant "poussez-vous poussez-vous on s'en va, on vous laisse la place". C'est mon bodyguard. Comme Kevin Cosner.

15h30. Je vais vers Hélène Carrère d'Encausse. Moins de monde à son stand. Elle me regarde amusée car une dame me passe devant, me double et pose brutalement le livre sur la table. Hélène me fait un clin d'oeil en m'indiquant que je serai la prochaine sans faute. Je tends enfin le livre "Catherine II" à Hélène. Deuxième clin d'oeil de cette femme élégante et lettrée, elle dit "C'est ma préférée celle-là". Je lui rends son clin d'oeil et lui dit "A moi aussi". J'adore la Russie, la sienne, celle qu'elle raconte, elle lui redonne de son aspect doré, passé, grandiose, historique. Elle est douée, rayonnante, je veux être une historienne comme elle. Je lui donne mon prénom, elle ne comprend rien. Elle éclate de rire et sort de son sac à main une enveloppe et me le fait écrire, j'écris 'Tassanie'. Elle me dit qu'en effet elle aurait eu peur de faire une faute. Elle me dédicace le livre et me dit que Tassanie est un sublime prénom, elle lève ses magnifiques yeux vers moi et me demande de quelle origine c'est. Je réponds la Thaïlande. Elle a l'air subjugué.

Je suis heureuse.

15h40. J'ai tellement mal partout, tellement chaud, je veux rentrer. Il fait chaud. Je sais je me répète. Nous rentrons. C'était merveilleux!

 

 

Moi à la #ForêtdesLivres 2016
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