Le Sermon sur la chute de Rome - Jérôme Ferrari

Publié le par Madame Tassanie

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Le Sermon sur la chute de Rome

Jérôme Ferrari

Synopsis:

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibnitz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d'irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l'âme humaine à se corrompre.
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d'une écriture somptueuse d'exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d'échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.
(source : Babelio)

Critique éclaire:

Sublime fresque d'un village corse, d'une amitié terrible. Une tranche de vie glaçante. Un chef d'oeuvre.

Critique constructive:

Oui, ce roman est un chef d'oeuvre. Oui, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans, et puis à la centième page, c'était parti. J'étais entraînée dans les vies désespérées de ces anti-héros modernes. En s'appuyant sur les textes et les pensées de Saint Augustin, Ferrari s'est approprié une atmosphère, une complexion, qui donnent aux personnages ce fameux destin qui les mène vers leur propre chute. On attend la chute, jusqu'au bout du roman, on sait que si le destin est écrit, que même si Dieu existe, qu'il s'est sacrifié pour sauver les hommes, il n'en est rien, tous les hommes feront de même, ils seront des sacrifices, des points de chute, d'interminables ratages de vie, des déceptions inéluctables, et puis la vie, les joies, le bonheur, la tristesse, et un jour de toute évidence, la mort, une civilisation éteinte, une génération terrassée, une famille oubliée, des morts il y en aura toujours, alors, comme pour Saint Augustin... pourquoi lutter, pourquoi donner du sens à tout cela, mais il le faut bien, c'est humain...

Les vies de Libero et Matthieu, du bar qu'ils décident de tenir, des serveuses et des amis ou des membres de la famille qui gravitent autour d'eux, je me souviendrai d'eux jusque dans le moindre détail, parce que c'est la force de Jérôme Ferrari, poète, intello subtil, sculpteur du romanesque, certes une lecture exigeante et peu reposante pour des vacances, mais une lecture obligée. Pour la beauté des mots qu'il fait jaillir de sa plume magnifique.

Ma note : 18/20

Publié dans romans

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