Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan

Publié le par Madame Tassanie

(wikipedia)

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Rien ne s'oppose à la nuit

Delphine de Vigan

309 pages

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Synopsis:

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. 
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. 
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » 

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force. (source : JC Lattès)

Critique éclaire:

Sensible et émouvant. Dérangeant et fascinant à la fois.

Critique constructive:

Je suis très heureuse d'avoir lu ce livre qui en soi, n'est pas très joyeux joyeux qu'on se le dise! Mais c'est une petite pépite, pleine d'émotions et d'humour tendre.

Les histoires de famille, c'est un genre littéraire qui me botte, j'ai un côté "voyeur", et j'aime bien m'immerger dans des familles un peu plus folles que la mienne (et la mienne ayant atteint un fort degré de folie...). Delphine de Vigan s'est attachée à raconter sa mère. Belle entreprise mais ô combien périlleuse. On pourrait tomber dans le sentimentalisme, dans l'hommage, l'hagiographie, mais Delphine de Vigan ne pouvait pas vraiment tomber dans ces pièges puisque sous couvert d'une famille nombreuse de rêve, Lucile, la maman de l'auteur, n'est pas au bout de ses surprises et de ses peines.

Dans ce roman, car l'auteur l'avoue bien volontiers, elle y ajoute beaucoup de romanesque, la mort est omniprésente. C'est comme un personnage allégorique présent à chaque page que l'on tourne frénétiquement. D'abord au début du roman, lorsque l'auteur nous parle du décès de sa mère, puis ensuite avec la mort du premier enfant de la famille Poirier. L'auteur publie la liste des enfants de la famille de Lucille, avec les dates de naissance et de décès et je dois dire qu'à partir de là j'avais envie de savoir ce qui était arrivé aux autres enfants, à Lucile en particulier. Sur les neuf enfants qu'élèvera le couple Poirier, trois vont mourir assez prématurément.

Ce livre traite aussi de la difficulté de vivre avec une personne bipolaire (la maman de Delphine), avec le poids d'un inceste (ou d'un geste incestueux... l'auteur laisse planer le doute), avec l'idée prégnante du suicide, dans une société de plus en plus consumériste et individualiste. Delphine de Vigan parle de tout cela avec beaucoup de sensibilité et sans sensiblerie, chaque fois qu'elle se rapproche de la sensiblerie, des détails viennent contrarier la vie de ses personnages.

L'auteur décrit une famille faite de rêves et d'illusions, de joies et de cris, de partages et de déchirures, de bruit et de silence, d'amour et de séparation, de raison et de sentiments.

C'est donc un magnifique témoignage plein de références culturelles, de clins d'oeil aux années de son enfance et de son adolescence, (cf. vidéo ci-dessus, la famille de Lucile), que rend l'auteur à sa famille, comme une thérapie nécessaire à Delphine de Vigan pour passer à autre chose, pour faire son deuil, pour pardonner à sa maman et proclamer son amour pour elle malgré les moments terribles qu'elles auront vécus ensemble.

Ma note: 17/20

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Publié dans romans, Coup de coeur

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