Introduction à l'Histoire de l'Art français - André Chastel

Publié le par Madame Tassanie

@isharethiswithyou

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Introduction à l'Histoire de l'Art français - André Chastel

Introduction à l'Histoire de l'Art français

André Chastel

 

Ma critique :

Voilà 223 pages qui passent vite et se lisent agréablement bien. Dans cet ouvrage, André Chastel introduit le grand oeuvre qu'il a entrepris d'écrire au sujet de l'Histoire de l'Art français, d'avant le Moyen Âge en passant par la Renaissance, le classicisme et jusqu'aux avant-gardistes.

Dans cette courte introduction, Chastel s'acharne à  expliquer d'où vient notre historiographie de l'art, son histoire si particulière, cette french touch inégalable. Il le répète, vous ne trouverez pas de Poussin, de Corot, de Watteau ailleurs qu'en France.

Il s'attache à démontrer en très peu de chapitres, que l'histoire de l'art s'est construite en quelques grands traits caractéristiques : d'abord par la physionomie de la France (son territoire, son aplat, son paysage, ses contours, ses frontières et ses au-delà...), il aborde le sujet épineux de la continuité, abhorre le récit "épisodique" de l'Histoire de l'art. Puis, il traite des questions comme: quel public pour quel art? quel accès à l'oeuvre? Ensuite, il dépoussière un peu les vieilleries, redore le blason des artisans du vitrail, s'attaque à la généalogie, la hiérarchie des noms, le règne des symboles, des emblèmes, il parle monarchie, politique, qu'est-ce que l'absolutisme ? Il n'oublie pas l'essentiel dans l'art: la question de la religion, la relation étroite avec l'Eglise, la Noblesse et la bourgeoisie, et bien entendu cela l'amène au censure, aux autodafés, aux bûchés des vanités, à cette propension française à l'autodestruction, notamment sous la Révolution, ou sous la Réforme, ce qui mènera au XVIIIe siècle à la construction d'un Patrimoine français.

Les derniers points abordés et non des moindres: Chastel veut cerner l'esprit français, d'où vient ce coq, alors que l'Anglais a le lion, l'Allemand a l'Aigle? Il explique que la linguistique française y est pour quelque chose, dans cette dialectique de l'art, il avoue que la France a un goût de la construction, la France est architecte plus qu'autre chose, il n'oublie pas non plus que la France est un pays de frivolité, d'amour et d'éloquence avant tout. Il s'étonne que le Français soit si bouleversé par la "Mort", l' "art de mourir", avec ses magnifiques tombeaux, ses sculptures funèbres, et que le Français en oublie le "vivre". Il passe rapidement sur les questions des modes que décrit si bien Casanova dans ses chroniques, et les métiers.

Finalement, il terminera par le problème de l'oubli, et donc de la mémoire. Il pense à Vasari, qui chroniqua tout l'art d'Italie d'avant la Modernité. Mais en France, rien. Il parle de l'artisanat français, de son éparpillement, de son anonymat, des cassures et des tournants dans cette Histoire incroyable de l'Art français.

A lire !

 

Publié dans romans, histoire, art

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