En finir avec Eddy Bellegueule - Edouard Louis

Publié le par Madame Tassa

@tassasharesthiswithyou

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Si la vérité dépasse cinq lignes, c'est déjà du roman.

Jules Renard cité par François Busnel

En finir avec Eddy Bellegueule

Edouard Louis

Résumé: 203 pages lues dans le cadre des Petites Lectures pour le Petit Mois.

"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici."

En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. (source: Livraddict)

Critique éclaire:

L'écriture d'Edouard Louis est brillante, presque théâtrale pour décrire un univers brutal et y donner toute sa sensibilité. Un roman choc.

Critique constructive:

J'ai rarement lu de livre à teneur autobiographique qui soit aussi "choc". Pendant toute ma lecture je suis restée avec un goût de souffrance, de désespéré. Eddy Bellegueule a-t-il vraiment eu une enfance aussi "merdique"? 

La plume est grinçante, violente, sanglante, délibérément choquante, elle casse les codes de la littérature pour nous montrer le VRAI, sans édulcorants, pour que l'on est à voir ce qu'il se passe vraiment dans la VRAIE vie des gens du village du Nord d'Eddy.

J'avoue être passée par tous les sentiments, du dégoût, de la gêne, de la pitié, de la haine. Révéler ainsi son enfance à quelqu'un, avec tant de crudité, c'est révéler une part de vérité. Pourquoi avoir fait ce choix-là? c'est un peu comme un cinéma d'auteur, d'art et d'essai, un peu trop violent à mon goût, mais où la lumière des projecteurs ne paraît pas, personne ne triche ici. Et les hommes et les femmes paraissent tels des animaux, ne pouvant échapper à un destin presque inéluctable. Sauf Eddy? 

Cela n'a pas été un coup de coeur, mais j'en sors renversée, comme lorsque j'ai lu "Grâce et dénuement" d'Alice Ferney, ou lorsque j'étais petite, les pages des romans les plus durs d'Emile Zola, où des hommes battaient leur femme, ivres à en crever. Je comprends pourquoi ce livre a fait sensation, mais il ne fera pas partie de mes lectures incontournables. 

Note finale: 15/20 🌟🌟🌟

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