La Grande Vie - Christian Bobin

Publié le par Madame Tassa

@tassasharesthiswithyou

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La Grande Vie

Christian Bobin

 

🌟🌟🌟🌟🌟🌟

Les livres agissent même quand ils sont fermés

La Grande Vie, p.12

pages lues dans le cadre des Petites Lectures pour le Petit Mois.

Ma critique:

Silence.

Extinction de tous les appareils à parasites audio. La lumière déclinante de ce dimanche après-midi entraîne en moi une vague d'émotions, je me penche, comme pour capter ce surplus de soleil, cette petite dose de chaleur, sur ma peau, et comme pour mieux entendre la caresse des mots, ceux de l'auteur.

J'ai lu "La Grande Vie" de Christian Bobin. J'ai été bouleversée. Dès les premières lignes, des larmes me sont venues aux bords des yeux. J'étais à l'horizon de quelque chose. De tangible. Christian Bobin a le pouvoir des mots, il dit l'indicible, mais l'indicible du quotidien, celui que l'on voit tous les jours, ce qui se trouve sous nos yeux mais que l'on ne voit pas, ou alors si on le voit, on ne le pense pas. Lui, il pense à tout. Il voit la fleur, il la regarde, il imagine sa vie, son destin, sa mort. Car tout chez Bobin rappelle la mort mais par dessus tout, la Vie. Car c'est ainsi. La vie contient la mort et la mort contient la vie.

Par des mots simples et des références littéraires de son quotidien, Bobin parle avec amour des petits et grands deuils de la vie, des choses qui passent, des anges de la vie, de ce coin de Paradis où nous sommes encore, car l'Ange qui nous a poussés en dehors du vrai Paradis, a oublié d'en fermer quelques portes. 

J'ai pleuré à la lecture de cette poésie. Je suis sensible, certes, mais lorsqu'on me révèle ainsi que la vie que j'ai, moi, minuscule particule de l'univers, est quelque chose d'éternel et de formidable, je pleure. C'est un chef d'oeuvre. Je vais donc courir quérir toutes les oeuvres de Christian Bobin. Voici quelques passages qui m'ont émue.

Editions FOLIO.

Note : 20/20

Ah ne m'enlevez pas la poésie, elle m'est plus précieuse que la vie, elle est la vie même, révélée, sortie par deux mains d'or des eaux du néant, ruisselante au soleil.

La grande vie, p. 59

Je pense à tes yeux, petit chat. Qui donc allume les yeux des bêtes et les fait aussi purs? Tes yeux étaient deux vitres derrière lesquelles un ange délinquant me dévisageait en silence.

La Grande Vie, p.72

Les mères par leurs soins élémentaires fleurissent les abîmes. S'il y a encore des lions, des étoiles et des saints c'est parce qu'une femme épuisée pose un plat sur la table à midi. Cette femme est la mère de tous les poètes.

La Grande Vie, p.103

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