Dis-moi que tu mens - Sabine Durrant

Publié le par Madame Tassa

Dis-moi que tu mens

Sabine Durrant

@tassadanslesmyriades

@tassadanslesmyriades

Résumé:

Tout commence par un mensonge. De ceux qu'on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L'histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves ? celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu'à ce que cette vie ne semble plus si idyllique?Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l'impitoyable soleil de Grèce, brûlant d'échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort? Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard.L'auteur de Ce que tu veux revient avec un nouveau thriller remarquable, un huis clos où le héros court sans le savoir vers son destin? et son inéluctable chute.Dis-moi que tu mens ménage avec maestria une tension constante. L'auteur signe aussi là une satire incisive : elle cerne ce monde bourgeois dysfonctionnel avec une finesse désopilante. (The Guardian)

(Source : Babelio)

Je remercie les éditions Préludes pour l'envoi de ce roman qui sort bientôt, début mai !

C'est un thriller psychologique dont j'avais besoin en ce moment et j'ai été servie ! Il y a tous les ingrédients d'un bon thriller prenant et déstabilisant mais je dois dire que j'ai été tout de même surprise par ce roman d'apparence classique.

Tout d'abord, le personnage principal est le narrateur de cette histoire, il s'appelle Paul Morris et il est écrivain. A son compteur: un livre qui a eu un petit succès. Et voilà un phénomène curieux que j'ai peu éprouvé dans la littérature: Paul Morris est véritablement un personnage détestable, il a tous les vices: jalousie, mythomanie, orgueil, préjugés, vous voyez le topo? Pourtant dès le début du roman j'ai accroché à l'efficacité de l'écriture de Sabine Durrant et à sa manière de dépeindre les personnages.

Ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est l'opportunisme du narrateur, tout lui arrive dessus par des concours de circonstances plus ou moins bienvenus. Peu à peu, son mensonge grandit avec lui et prend une ampleur dont il n'avait pas idée. J'ai aimé entrer dans les tréfonds de l'âme du personnage, qui s'auto-détruit et détruit aussi tout au passage, ses amis, son passé, sa vie.

Chaque chapitre apporte son lot de suspense. Il y a toujours la trace du passé qui traîne et entrave les personnages. Chacun dissimule quelque chose à l'autre et les non-dits finissent par avoir raison de leur coeur. Les amitiés hypocrites et la nonchalance des protagonistes du roman font qu'à aucun moment on ne soupçonne plus l'un que l'autre. 

Pour autant, je m'attendais à ce genre de fin, ça ne m'a pas beaucoup surprise. Néanmoins l'intérêt pour ce roman se situe dans sa lente progression vers une noirceur accablante, une spirale infernale, une lente descente vers l'enfer.

J'ai laissé passer quelques jours avant d'écrire cette chronique car je n'arrivais pas à placer des mots sur mes émotions, encore aujourd'hui j'ignore pourquoi j'ai aimé un roman dont le personnage-narrateur est détestable, ignoble, voire inhumain parfois. Il est égocentrique et ne pense finalement qu'à lui. Ce personnage minable finira toujours par parvenir à ses fins mais à quel prix? C'est une histoire d'arroseur-arrosé, en fait.

Si Sabine Durrant avait comme ambition de donner une peinture acérée et amère de la petite bourgeoisie bobo londonienne, c'est très réussi, même si à la fin, c'est contre le personnage issu d'un univers plus modeste que le destin s'acharne. On peut donc y voir plusieurs lectures.

Même si cela n'a pas été un coup de coeur absolu, le livre évite les lieux communs et les poncifs du thriller psychologique et intrigue suffisamment pour qu'on ne lâche pas ce roman jusqu'à la fin !! 

Note: Originalité 3.5/5 Style 4/5 Intrigue 4/5 Emotions 4/5 = 15.5/20

Publié dans romans, bookstagram

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