L'Olympe des infortunes - Yasmina Khadra

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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L'Olympe des infortunes

Yasmina Khadra

 

Résumé:

Entre la ville folle et l'immensité de la mer, s'étend l'Olympe des infortunes. Un terrain vague où mendiants et délaissés divers ont trouvé refuge. Un Eldorado de la cloche… On y croise le Pacha et sa cour, Mama la Fantomatique, Ach le Borgne, le barde attitré de cette étrange peuplade, et Junior le Simplet, son protégé. Ils ont trouvé ici un fragile équilibre, à cheval entre la civilisation et l'état sauvage. Le Bien et le Mal. La richesse intérieure et la pauvreté crasse. Ce qui les unit entre eux les éloigne du reste des hommes : la ville n'est pas pour eux. Le bonheur bourgeois non plus. Cependant, comme partout où l'Homme vit et meurt, on espère, on aime, on se raconte des histoires, l'on chante. L'on cherche à savoir pourquoi. L'arrivée d'un mystérieux prophète répondra à certaines de leurs questions et en posera d'autres. Que chacun accueillera à sa façon… (source: Babelio)

Des romans qui nous procurent des émotions de chaleur aussi intense ou de tendresse aussi douce, c'est assez rare. Je peux me rappeler avoir ressenti la même chose lors de lectures telles que Grâce et dénuement d'Alice Ferney ou encore Middlesex de Jeffrey Eugenides. Ils nous donnent le sentiment de voir et de comprendre le monde sous un autre jour. Pourtant ce roman est vraiment très court. Il est écrit comme un conte, avec pour personnages, des laissés pour compte, des marginaux, des sans domicile fixe, élevés comme des Dieux sans majuscule sur un mont Olympe fait de déchets et de détritus que le vent essaime de la ville et que la mer rejette du monde dit "civilisé". Et ce conte, magnifiquement raconté par Yasmina Khadra, est une véritable parabole de la société d'aujourd'hui, celle qui s'auto-détruit à petit feu, celle qui broie ses individus, celle qui terrasse des villes entières, celle qui ignore la Nature, celle qui ferme les yeux sur les opprimés et la pauvreté.

Dès les premières lignes, il n'y a pas une hésitation: continuer de lire. Que ce conte ne se termine jamais. On tombe follement sous le charme de Junior le Simplet et de son mentor, Ach, le barde-poète, farfelu et protecteur. Les autres personnages sont incroyablement sublimes dans leur simplicité, leur bêtise parfois et malgré la saleté et l'ignorance, la haine et la peur parfois. 

Toutes les aventures vécues sur le terrain vague sont formidables comme autant de pierres apportées à une épopée du pauvre. Sur ce terrain, ils ne connaissent aucune limite que la société pourrait leur imposer sauf peut-être celle de ne pas retourner à la ville, de peur d'être de nouveau attiré par l'argent, les femmes, et que sais-je encore.

Ce conte semble raconter ce qui est immuable sur Terre : l'humain. Et l'auteur porte le flambeau de la grande tradition humaniste. Il nous emmène dans monde étrange où l'on est riche de rien.

Lorsqu'un étrange prophète arrive sur leur terrain, apportant un drôle de message et délivrant de grandes oraisons, Junior se laisse porter par le vent, et le vent tourne pour lui, il serait peut-être temps qu'il aille découvrir la ville, cette limite infranchissable. Il en reviendra, changé à jamais.

Ce roman, déchirant par bien des occasions, est un véritable grand huit d'émotions. Je l'ai adoré. 

Ma note : Originalité 4/5 Style 5/5 Intrigue 4/5 Emotions 4/5 = 17/20 ❤ ❤ ❤ ❤

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