Temps Glaciaires - Fred Vargas

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Résumé:

«Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur la table, s’inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l’oeil cette nuit, une de ses soeurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment. – le femme du 33 bis ? demanda t’il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m’emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D’après les rapports internes il s’agit d’un suicide avéré. Tu as des doutes ? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur, grand fumeur, grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c’était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à 100 ans. – Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait les tiques ?». (source: Livraddict)

 

Quand j'ai acheté Temps Glaciaires, c'est-à-dire dès sa sortie, je ne pouvais pas attendre, j'étais fébrile, dès que j'ai commencé les premières pages de ce roman, j'ai su, oui, j'ai su que ce serait une grande cuvée Fred Vargas 2016. Depuis le temps je n'avais toujours pas écrit la chronique de ce livre. Avec du recul et la mémoire un peu courte, j'ai décidé de relire l'intégralité de ce polar tiré par les cheveux, et j'ai de nouveau adoré!

Comment fait-elle, l'auteure, pour coudre avec ses doigts de conteuse/enchanteuse, pour pondre une histoire aussi folle, pleine de pistes floues, fausses et fragiles. Quand Adamsberg semble toucher du doigt la vérité, elle s'écarte soudain pour faire apparaître d'autres nuances, d'autres intrigues. Toujours, toujours plus complexes, plus poussées.

Le cerveau de Fred Vargas est-il aussi tortueux q'une enquête du bon vieux Adamsberg ? Comme d'habitude Fred Vargas nous balade... et quelle balade!

Le plaisir de lire du Vargas est une émotion telle, qu'elle est pratiquement inexplicable. Dès la première page, ce qui est rare dans un roman et je le signale assez souvent, l'écriture est comme... croustillante, vive, tendre, dure, originale, drôle, cynique, subtile, tout cela à la fois. On retrouve les personnages cultes de Vargas: Adamsberg, ses acolytes du bureau, son entourage. Tout dans l'univers d'un Vargas est prenant. Même si l'histoire reste très sombre, le roman est comme illuminé de l'intérieur par les cœurs vibrants de ses personnages. L'enquête va d'impasse en fausses pistes, de situations cocasses (celle avec le sanglier!), en situations brillantes de suspens pour résoudre une série de crimes (en passant d'un suicide apparent à la reconstitution des discours des Robespierre et consorts...) qui en apparence n'ont rien en commun et font resurgir les démons du passé lors d'un voyage étrange en Islande. Vargas nous mène par le bout du nez en mêlant petites histoires et grande Histoire. Les dialogues sont ciselés et on tourne les pages à un rythme soutenu sans s'arrêter. Peut-être que la surcharge d'informations sur certaines intrigues comme la piste des fanas de Robespierre ou celle du voyage en Islande qui se termine mal (très très mal) finit par nous perdre et nous noyer mais c'est seulement pour quelques instants.

Le dénouement est toujours rondement mené, menant au paroxysme, cette fois les collègues du commissariat ne s'entendent plus, ils boudent. Danglard n'est plus que l'ombre de lui-même, il ne comprend plus Adamsberg. Et pourtant entre les deux hommes on sent bien une admiration mutuelle. Mais quand Adamsberg décide de suivre une piste bien différente qui le mène sur les rochers islandais dans la brume monstrueuse et mortelle, Danglard baisse les bras. Et les meurtres continuent.

Pris dans cet engrenage, on lit ce livre jusqu'au bout sans jamais se départir d'un sourire en coin, et d'un plaisir immense!

Ma note : Style 4/5 Originalité 4/5 Emotions 4.5/5 Intrigue 4/5 = 16.5/20 ❤❤❤❤

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Commenter cet article

Corentine 24/07/2017 17:11

Je crois que l'on voue la même admiration à Fred Vargas :)
Je les ai tous lus et aurai bien envie de m'y replonger tiens ! J'envie ceux qui ne font que la découvrir !

Madame Tassa 25/07/2017 14:12

Plaisir partagé ! Je ne sais pas, c'est magique chez Vargas ! ;)