Victor Hugo vient de mourir - Judith Perrignon

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Victor Hugo vient de mourir

Judith Perrignon

 

Victor Hugo, comme une statue de lui-même, va pousser son dernier soupir. Il ne semble plus être réellement humain, il ressemble plutôt à une icône, celle d'un homme qui représente à la fois le peuple et l'idéal d'un Etat. Il fait déjà corps avec ses propres mots, avec ses Misérables, avec ses travailleurs de la mer, ses hommes qui rient, ses Quasimodos, ses contemplations, ses condamnés, il est désormais éternel et invulnérable. Dans un entrelacs de faits historiques, l'auteure Judith Perrignon réussit une immersion totale dans un Paris de 1885, plus que réel, plus que palpable. Le livre respire, il grouille de vies après la mort, il est plein de détails croustillants historiques, des faits dénichés dans des archives, dans le livre d'or laissé devant la demeure de Victor Hugo et dans les procès verbaux. Et on ne peut s'empêcher d'y voir un récit qui raconte aussi quelque chose de contemporain et d'universel. Entre ici Victor Hugo ! Un livre plein d'humanité et nécessaire.

Résumé:

« La nouvelle court les rues, les pas de porte et les métiers, on entend l’autre dire qu’il est mort le poète. Vient alors cette étrange collision des mots et de la vie, qui produit du silence puis des gestes ralentis au travail. L’homme qui leur a tendu un miroir n’est plus là. Tout s’amplifie, tout s’accélère. On dirait qu’en mourant, qu’en glissant vers l’abîme, il creuse un grand trou et y aspire son temps, sa ville… » La mort de Victor Hugo puis les funérailles d’État qui s’annoncent déclenchent une véritable bataille. Paris est pris de fièvre. D’un événement historique naît une fable moderne, un texte intime et épique où tout est vrai, tout est roman. (source: Babelio)

Victor Hugo, comme une statue de lui-même, est allongé, épuisé dans son lit. Il va pousser son dernier soupir. Il ne semble plus être réellement humain, il ressemble plutôt à son propre symbole, celui d'un homme qui représente à la fois le peuple, et l'idéal d'un Etat. Il ne s'appartient déjà plus lui-même, il fait corps avec ses propres mots, avec ses Misérables, avec ses travailleurs de la mer, ses hommes qui rient, ses quasimodos, ses contemplations, ses condamnés, il est désormais éternel et invulnérable. 

Dans un entrelacs de faits historiques, l'auteure Judith Perrignon réussit une immersion totale dans un Paris de 1885, plus que réel, plus que palpable. On entend la grogne des anarchistes, des opprimés, des simples gens, on entend les murmures attristés, contrits de l'entourage, on entend la tristesse du peuple, l'angoisse des hommes politiques et de ceux qui font régner l'ordre. Lorsque Victor Hugo meurt, on a l'impression que toute une capitale s'arrête de respirer, fait pèlerinage vers la dernière demeure du grand homme, en silence.

C'est une icône étrange qui vient de mourir. Une icône sans vraie religion, sans dogme en fait et qui refusa la dernière onction, le dernier sacrement, comme un doigt d'honneur envers ce qu'il pensait être un fiasco pour la société. 

Le livre respire, il grouille de vies après la mort, il est plein de détails croustillants historiques, des faits dénichés dans des archives, dans le livre d'or laissé devant la demeure de Victor Hugo dans les procès verbaux, dans les compte-rendus secrets de la police et des "espions" infiltrés chez les anarchistes, dans les témoignages journalistiques, bref, c'est riche, c'est foisonnant et pourtant très court. 

On ne peut qu'en ressortir passionné par le sujet. Et on ne peut s'empêcher d'y voir un récit qui raconte aussi quelque chose de contemporain, quelque chose du présent, au goût du jour, et donc, d'universel.

Entre ici Victor Hugo ! Comme un dieu, un prophète ou comme un homme, c'est vous qui voyez. Il est entré au Panthéon des grands hommes. Il avait un caractère si explosif, si décidé, et une érudition si incroyable, qu'il dût effrayer un certains nombres de gens de son vivant tant il rayonnait de grandes idées. Son idée de l'humanité il l'a laissé dans ses oeuvres et le récit de Judith Perrignon le montre aussi pleinement.

Lisez-le immédiatement !!

Ma note: Style 3.5/5 Originalité 5/5 Emotions 4/5 Intrigue 3.5/5 = 16/20 ❤ ❤ ❤ ❤

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Amaryllis58 10/08/2017 19:14

Je partage complètement cet avis. J'avais craqué dès qu'il était sorti et franchement on en ressort conquis par ce retour dans le passé. C'est très riche.