Routine d'Automne d'une étudiante (Fall Routine, the student version)

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

@tassadanslesmyriades

Bonjour tout le monde ! Voici encore un petit article "art de vivre", parce que je n'ai absolument pas le temps d'écrire sur les livres en ce moment. J'aimerais, mais mon cerveau reste bloqué en mode "pause", l'avance rapide et le rembobinage sont hors service. C'est donc avec regret que je vous présente le décès de mon cerveau en direct live de mon lit, oui, oui. Parfois je me sens comme une limace, d'ailleurs l'autre jour j'en ai écrasé une. Il y a eu comme un bruit de succion sous mon talon, j'ai frissonné de dégoût, regardé sous ma semelle, et ma tête à cet instant, du moins l'expression de mon visage aurait pu devenir un "meme" viral sur le World Wide Web... Jack Sparrow vous fait sa meilleure interprétation du dégoût: 

Et donc, dans cet article, oui, car je vais y venir... cet article va parler de ma routine de rentrée, de l'automne. Bref je déteste le mot "routine", mais tu dois bien avouer, lecteur, lectrice, que chaque matin, chaque midi, chaque après-midi, chaque soir, surtout chez l'espèce très répandue de l' "étudiant", la routine s'installe inévitablement, ou alors sinon, cela devient vite l'anarchie, le désordre, l'entropie thermodynamique dans ta tête quoi.

Donc voici quelques conseils de moi-même... par moi-même. Je sais, j'suis trop une référence. Allez, avoue, tu m'aimes bien.

La première chose qui désespère l'espèce estudiantine de type sédentaire en terre campusienne et universitaire, c'est de se fondre à nouveau dans la masse odorante et vivace des autres étudiants qui l'entourent. Et surtout, surtout, de devoir se replonger dans le travail. Mais tu peux aussi avoir été de l'espèce estudiantine qui bosse l'été, dans ce cas là, pas de bol. Un seul conseil, dès lors: amuse-toi, fonce! Les études sont faites pour former notre petite cervelle d'humain sur pattes. Il faut ressentir du plaisir à l'étude et parfois, si 1/3 des cours, il est vrai, avouons-le, entre bien dans la catégorie "j'en ai rien à bra**er de tout ça", eh bien trouves-y tout de même un avantage. Cache toi derrière ton écran d'ordi et travaille une autre matière pendant ledit cours, ou alors approprie-toi un sujet de cours pour en faire un plus "fun" chez toi. Exemple: si tu as un cours sur l'analyse syntaxique d'une phrase dans le contexte d'un discours politique, ne va pas directement te jeter d'un pont, non, il existe des solutions. Prends l'exemple d'un discours qui te botte un peu plus, par exemple, un discours dans Game of Thrones, et étudie la rhétorique et la syntaxe de Tyrion Lannister... Celui-là même qui a dit un jour:  « Je vais seulement me percher tout en haut du mur et pisser sur les confins du monde », ou plus platoniquement : « Pourquoi faut-il que, si un homme construit un mur, aussitôt en survienne un second qui brûle de savoir ce qu’il y a derrière ? ».

Bref, soyez heureux d'étudier. Privilège qui n'est pas accordé à tout le monde sur cette Terre. Parfois remarquez, si, certains ont fait grands frais de leurs études, mais ça ne donne pas  toujours grand chose. . . voyez vous-mêmes :

Néanmoins, je peux vous dire que si l'on risque fortement de s'ennuyer ferme devant le cours soporifique du prof d'Histoire qui voudra vous inculquer les préceptes de l'épistémologie et de la dialectique bachelardienne ou encore votre professeur d'économie qui vous fera un cours obligatoire sur la perspective historiciste d'Antonio Gramsci et le rapport praxis/processus socio-historiques, ne vous en faites pas plus que cela. Vous pourrez toujours, toujours ressortir lors d'un dîner entre vieux potes, les terribles préceptes fordistes ou quelques citations de notre bon vieux Bachelard, Gaston de son p'tit nom. Croyez-en mon expérience !

La vignette ci-dessus peut vous effrayer. Mais faire que les choses se fassent, être efficace, motivé et mettre tout en pratique pour que le réalisable devienne possible, eh bien, ça fait partie de la vie. L'homme est un être en perpétuelle quête de l'acte, l'humain n'est qu'acte. Il peut être "pensée", il peut être "âme et esprit", mais avant tout, l'esprit ne peut être sans corps. C'est ainsi que nous achèverons ce cours sur la philosophie néoplatonicienne de Marsile Ficin. Amen. Hé, mais réveille-toi, j'ai pas fini !! 

Non. Bon. Ok. Je reprends. Nous nous levons chaque matin avec un but dans la vie, parfois un peu flou, parfois un peu plus précis. Si tu te lèves le matin avec l'envie de manger des frites, c'est déjà ça! (mais t'es bizarre quand même, avoue!). Nous vivons dans un monde de perpétuels désirs, désirs d'objets, désirs de l'autre. Le désir est souvent extérieur à nous. On ne se désire pas soi-même (ou alors t'es franchement balèze mon gars!). Mais il faut un peu quitter ce monde d'immédiateté, dans lequel nous vivons, poussés par les nouvelles technologies, les NTIC comme disent les géographes... Lâche ton portable et ton ordinateur, et va voir la vraie vie. Rencontre les gens autour de toi, peut-être qu'ils t'inspireront et te donneront envie d'être quelque chose de nouveau. Ou de le devenir !

Et si par malheur, tu ne veux pas rencontrer d'être humain, ce que je peux comprendre, si tu fais partie de cette race des "anti sociabilitus fragilus", ne t'inquiète pas. La solitude c'est très bien aussi, c'est reposant, ça te laisse plus de temps pour faire ce dont tu as vraiment envie. Va au musée, à la bibliothèque, au cinéma, promène-toi, va à des salons divers et variés, activités de loisirs en solitaire... aujourd'hui, c'est important de se retrouver soi-même dans cette société si encadrée et normalisée qu'on te dit que tout ce que tu dois faire doit être collectif, les bureaux sont ouverts, le travail est en équipe, bientôt on te dira d'aller aux W.C. en groupe pour resserrer les liens d'amitiés.

Et donc prends ton stylo et extériorise tes envies, tes désirs, tes rêves, tes lubies. Ecris. Ecris et tu seras. Malgré tout je ne peux garantir ta réussite à cette épreuve. Certains sont en échec, en fatal error depuis la nuit des temps. X)

Le plus anti-dépresseur de tous les anti-dépresseurs sur la planète, c'est la créativité. Oulah ! Attends !  Je t'arrête, non, non. Je te vois venir, ouais tu vas me dire: dessin, peinture, les trucs manuels c'est pas mon truc. Mais je ne parle pas de ça en fait, donc tu la fermes et tu rentres dans les rangs ! Ok, je reprends mon cours.

Donc, je disais avant que tu ne m'interrompes, que pour vivre mieux, vivons créatifs. Par exemple, si tu as un cours sur la question de race et de consanguinité aux Etats-Unis d'Amérique avant la guerre de Sécession, tu peux te plonger dans des séries sur les vampires comme The Originals, et puis après tu extrapoles. Haha. Non, j'exagère, mais il ne faut pas non plus trop procrastiner devant les séries hein. En ce moment pour la préparation des concours de CAPES/Agreg, je regarde Rome (série HBO/BBC). 

Si vous avez un cours sur l'histoire des sciences naturelles au Moyen Âge et à la Renaissance dans la perspective magicienne de Paracelse par exemple, ouais, ouais, ça existe, vous pouvez sortir le nez dehors, aller dans la forêt, à la campagne et vous intéresser au patrimoine de la flore et de la faune du coin où vous êtes en vous posant de simples questions, que le type au Moyen Âge et à la Renaissance s'est posé : cette plante est-elle utile ? peut-elle me soigner ? puis-je la vendre ? est-elle symboliquement attachée à une tradition ou un rituel bizarroïde ? quelle est la forme de cette plante et sa couleur ? comment puis-je l'ingérer, la cueillir ? où puis-je la trouver ? quel nom lui donner et pourquoi ? est-elle un poison ?

Si vous avez un cours sur les théories marxistes et ses conceptions matérialistes de la vie, je vous conseille d'aller faire un stage ouvrier en usine pour vous imprégner de la pensée marxiste.

Si vous avez un cours de géographie sur l'analyse topographique d'un territoire et son aménagement pour corriger ses inégalités et rééquilibrer ses faiblesses, dans la vision Jean-François Gravier-iste des déserts français, je vous suggère d'aller faire un tour dans la Meuse ou dans les Landes, cette fois pour vous plonger dans un vidé sidéral où la vie est infiniment lente et terriblement... pittoresque (?)

Sinon, entraînez-vous à la créativité: une boîte à idées, une chose nouvelle à faire par jour, une lecture par jour, un dessin à faire par jour, un mandala à colorier, une position de yoga à tester, un rendez-vous surprise avec votre moitié, une promenade impromptue le long des quais, ou dans un endroit abandonné,... ok, j'arrête les rimes en 'é', allez, soyons fous! 

Respirez: inspirez, expirez. Doucement, lentement. Et puis allez, levez-vous, et bougez-vous! Je sais, c'est plus facile à dire qu'à faire. Moi la première, je galère. 

MAIS j'avais envie de vous dire: arrêtez de vous droguer avec le café. Il ne vous fera pas aller plus vite. Par contre, il va accélérer les battements de votre coeur et vous fatiguer plus qu'il ne vous réveillera pendant 1h ou 2. Prends-soin de ton coeur. Car "Le coeur ne dort jamais" a dit D. Gagnon. Et donc il est inutile de le fatiguer encore et encore. Par contre, aller marcher un peu dehors dans l'air frais, boire un gigantesque verre d'eau fraîche, plonger la tête sous l'eau, sucer des glaçons (euh non, pas ça, désolée), écouter une musique entraînante, chanter et danser, tout cela peut remplacer votre café. Rire aussi, en groupe, entre amis, entraînez-vous à rire collectivement. C'est cent fois mieux que le café. Sinon, un café par jour c'est bien. Il y a des sites qui vous diront que 5 à 6 tasses par jour ça va, moi je vous le demande: cinq à six tasses par jours les gars, non mais allô quoi c'est comme si tu buvais une casserole d'accélérateur cardiaque par jour. Allez, mollo mollo. Et lâche la clope aussi.

Petit exercice si vous vous trouvez comme moi dans la situation apocalyptique de l'ennui mortel pendant un cours car votre prof vous parle de la dialectique corps/âme chez Platon, et que votre tête penche dangereusement vers l'arrière ou vers l'avant, dans ce cas voici les consignes: baillez, ou inspirez très très fort pour ré-oxygéner votre cerveau, bougez la tête, les bras, les jambes pour réactiver vos réflexes musculaires, puis récitez un poème ou les paroles d'une chanson dans votre tête pour réveiller vos cellules grises. Fermez les yeux rapidement, rouvrez-les aussi rapidement pour réactualiser la machine, puis fixez intensément et avec insistance votre professeur pendant son cours sur l'approche différentielle du développement en psychologie de l'enfant et fusillez-le du regard en fronçant bien les sourcils. Peut-être que cela lui enverra des signaux pour qu'il suggère une pause pipi ou réoriente son cours vers de plus doux horizons ....... :D

Là, je sais que tu en as marre de lire. Je le sais. Je le sens. Et mon rôle est de te remettre sur le droit chemin. Un conseil, va vers le soleil. Figure-toi que c'est lui-même qui va te donner ta source de vitamine D, et pas tes céréales ou ton lait ou que sais-je encore de ces conneries qu'on ingère tous les jours. Le soleil c'est anti-inflammatoire, anti-dépresseur, anti-plein de choses. Bien sûr, il ne fait pas beau tous les jours, particulièrement pas à Brest ou à Valenciennes, dans ch'Nord, bien que là-bas ça compense en litres de bière (blague, je ne bois d'alcool en plus). Mais il existe plusieurs sortes de soleil. Le petit soleil timide derrière son nuage, le grand soleil d'hiver, blanc et pâle, le soleil jaune de l'été, brûlant, le soleil de feu de l'automne, et au printemps le soleil fertile, et puis il y'a un soleil rose le soir, un soleil orangé le matin. Allez, prends ta dose de soleil, laisse les rayons caresser la paume de tes mains, la pulpe de tes doigts, les poils de tes avant-bras, c'est un acte sensuel et délicat, une rencontre au sommet. Je vous laisse entre vous.

L'automne met à l'épreuve nos hormones et ce sentiment de la mélancolie apparaît. Il est vrai que nos cycles physiologiques s'altèrent, nous entrons dans l'hiver et comme les animaux que nous sommes voyons le soleil décliner plus rapidement, la reprise du travail nous tuer à petit feu, le temps devenir maussade et frais, nous rechignons, nous devenons grognons, mais à l'inverse de l'ours, nous ne rentrons pas dans une grotte pour nous cacher. Nous continuons à vivre. Purée, j'vais faire comme les ours en fait, allez hasta la vista les gens !

M'enfin, ça serait moins drôle, pi je raterai Noël et les chocolats... 

Et donc, contrairement à moi qui ressasse sans cesse des pensées noires dans ma tête, quand j'en ai, je vous conseille d'aller sourire devant le miroir. Allez auto-sourire vous donnera la pêche. Ensuite, écoutez quelques podcasts humoristiques, des extraits d'émissions drolatiques et détendez-vous. La vie est faite de problèmes qui s'empilent, s'entassent, se fracassent, mais vous ne voulez pas les trainer comme des boulets, ce serait hyper con et puis un boulet c'est lourd et pas esthétique.

Don't worry, be happy. Et ne force pas trop sur le bédo ou le lexomil, hein. 

Finalement, enfin, enfin le cours se termine. Et ton professeur en arrive à la conclusion que oui, le nazisme est une idéologie malsaine, oui, l'économie fordiste a sacrifié des gens au nom de Mister D, monsieur dollar, oui la psychologie chez les enfants c'est trop relou, déjà qu'eux-mêmes n'y comprennent rien au niveau des théories freudiennes du stade anal, et oui, Woodrow Wilson a reçu le prix Nobel de la paix, mais avait-on vraiment compris sa véritable intention et son idéologie derrière l'émancipation des peuples, et oui, si les décors dans Le Mépris sont si flashy, c'est parce que Godard n'avait pas mis ses bonnes lunettes... bref, on ne refera pas l'Histoire, on fera juste sa Vie. 

CARPE DIEM. Sois toi-même et hurle ton nom ! 

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