Criminelles ou "L'affaire Matisse"- Claudine Chollet

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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RésuméLe tableau de Paul Vence, acquis pour une bouchée de pain dans une salle des ventes 
par un promoteur immobilier au bord de la faillite, est-il authentique ou l’œuvre d’un faussaire ? Cette découverte fabuleuse a-t-elle un lien quelconque avec les crimes et délits survenus concomitamment dans la banlieue tourangelle ? Crime organisé ou folie furieuse ? Le commissaire Tudor a bien du mal à comprendre les sordides motivations des protagonistes dont les apparences sociales sont irréprochables. Ce roman policier, dont les chapitres sont conçus comme autant de short stories consacrées à chacun des personnages, montre que des êtres matérialistes, cyniques ou pervers, peuvent être, sans en avoir l’air, capables du pire. 

“Ma conviction, confie le commissaire Tudor chargé de l’enquête, c’est que la haine d’autrui engendre la folie criminelle et non l’inverse. On aurait tort de croire que les psychopathes sont irresponsables. Ils ne tuent pas parce qu’ils sont fous, ils tuent parce qu’ils détestent les autres. C’est l’absence d’empathie et l’amour exclusif d’eux-mêmes qui les hissent à l’égal de Dieu pour exercer le Jugement Dernier.”

source : claudinechollet.com

Après ma lecture de "Polycarpe, le pigeon noir" j'ai retrouvé avec plaisir l'auteure des "cosy mysteries" qui nous convie cette fois-ci dans une enquête plus sombre. La lecture est agréable, l'enquête se déroule jour après jour, avec le point de vue de chacun des personnages. On entre facilement dans la tête de chacun même si au début j'étais un peu perdue, et malgré le schéma des personnages proposé dans les premières pages, l'accumulation de personnages rend le récit confus.

Mais attendez! Car la suite est excellente! On finit par retrouver chez l'auteure cette qualité à dépeindre des personnalités plutôt atypiques et des caractères bien trempés. Si le commissaire Tudor n'échappe pas au grand cliché du type bourru et déterminé, Il est dévoué corps et âme à son enquête même si je préfère la bonhomie de Polycarpe.

Dans ces portraits grinçants d'une société contemporaine, on retrouve les bobos désabusés, les cas sociaux et les laissés pour compte, les bonnes familles et les névrosés... certains traits sont fortement appuyés, comme le flic bodybuildé et célibataire, le fils qui vit chez sa mère et qui chôme, le mari volage habillé en tennisman et au sourire impeccable. Et finalement, on se dit que tout ce défilé de personnages existe dans la réalité.

J'ai moins aimé ce polar où la cocasserie des scènes manquent singulièrement d'humour par rapport à "Polycarpe". C'est sûrement ici, un trait de sérieux et de cynisme style roman noir voulu et recherché. On retrouve néanmoins l'apparat de scènes dignes d'un bon Agatha Christie. 

Du fait des nombreux changements de points de vue à travers ce roman où chaque chapitre est un jour nouveau, le roman s'enchaîne à une allure frénétique et l'on est forcé de constater que l'on ne peut pas le lâcher jusqu'au dénouement cathartique final.

Le petit plus : C'est un polar typiquement tourangeau avec ses rues, ses places, ses banlieues, ses quartiers cossus et son folklore! Et c'est aussi un bel hommage, je trouve, aux artistes peintres locaux.

Style 4/5 Originalité 3.5/5 Intrigue 4/5 Émotions 3.5/5 = 15/20

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