Petit Piment - Alain Mabanckou

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Résumé :

Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées. L’aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaité quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Jusqu’à ce que ce bonheur s’écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin. Dans ce roman envoûté et envoûtant, l’auteur renoue avec le territoire de son enfance, et sait parfaitement allier la naïveté et la lucidité pour nous faire épouser le point de vue de ses personnages. Finaliste du Man Booker Prize International 2015, Alain Mabanckou est l’auteur d’une dizaine de romans dont Verre Cassé (2005) et Mémoires de Porc-épic ( prix Renaudot 2006 ). Son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues. Il enseigne la littérature francophone à l’Université de Californie-Los Angeles (UCLA).

(Source: Seuil)http://www.seuil.com/ouvrage/petit-piment-alain-mabanckou/9782021125092#

Merci à lecteurs.com et aux éditions Points.

Petit Piment est comme son titre l'indique un petit roman, petit, bref et concis mais intense. Il se lit comme on lirait un conte mais pourtant c'est un conte bien sombre et obscur dans l'Afrique noire que choisit de nous raconter l'auteur. A travers ce roman nous rencontrons des personnages que je qualifierai de très "dickensiens". En effet, à la manière d'un Dickens, Alain Mabanckou fait le portrait et le récit de la vie d'un petit garçon de l'orphelinat jusqu'à sa vie d'adulte dans les bas-fonds de Pointe-Noire. Nous suivons donc les aventures de Petit Piment et sa vie tumultueuse.

Même si j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire car j'ai un moment cru que l'auteur allait nous entraîner dans une sorte de fiction politico-historique, j'ai rapidement apprécié la suite...

La force du roman c'est sa galerie de personnages, tous uniques et intrigants, tous attachants, de la femme qui s'occupe de Petit Piment à l'orphelinat en passant par la prostituée du quartier Trois-Cents, mais aussi les curieux personnages tels que les jumeaux avec qui Petit Piment prend la fuite, le voisin de Petit Piment, ou l'émouvant compagnon d"orphelinat qui attend qu'un avion vienne le chercher ... et puis le docteur qui le persuade qu'il est atteint d'un déficit en vitamine B1.

D'ailleurs ce roman, outre le fait qu'il s'agit d'une sorte de Dickens africain plus joyeux et plus doux est aussi un roman sur la folie et la marginalité. Car Petit Piment se retrouve handicapé par l'oubli. Il ne connaît plus son vrai nom et il ignore ce qu'il faisait avant. C'est un bel éloge de la folie que nous donne à lire Alain Mabanckou. 

Cela m'a fascinée car il n'y a pas longtemps j'ai lu En attendant Bojangles, très beau roman sur la folie, la vie de paria, l'amour. Ici les mots clés sont aussi presque les mêmes. On apprend qu'on ne choisit pas sa famille mais qu'on choisit ses ami(e)s. Alain Mabanckou réussit le pari de dénoncer la société de Pointe-Noire à une certaine époque, entre corruption, révolution socialiste et pauvreté, tout en rendant agréable la lecture de cette fable. Cela m'a aussi rappelé le très bon roman " L'Olympe des infortunes" de Y.Khadra.

J'ai été amusée et touchée par cette histoire, qui, sous la plume de l'auteur, prend une tonalité non pas dramatique, mais légère et édulcorée.

Ma note : Style 4/5 Originalité 4/5 Intrigue 3.5/5 Émotions 4/5 = 15.5/20

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Publié dans bookstagram, romans

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