Pourvu que ça brûle - Caryl Férey

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Pourvu que ça brûle 

Caryl Férey

Résumé : Caryl Férey nous raconte la genèse de ses différents romans et comment il est devenu un écrivain bankable tout en restant rock. 

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Merci au livre de poche pour cette lecture!

Mes intentions étaient simples en lisant ce livre : en savoir plus sur l'auteur, sur la genèse de ses romans. Je n'ai pas été très surprise finalement, il a bien ce côté rock, destroy, punk, nihiliste, dans le sens nieztschien du terme. D'ailleurs Nietzsche, il le cite très fréquemment tout au long du livre, tout en ajustant sa propre vision de la philosophie de l'auteur d'"Ainsi parlait Zarathoustra" en avançant dans la vie. En lisant ce récit, c'est un "personnage" plutôt qu'un écrivain que l'on rencontre. Ce type qui désirait plus que tout au monde mourir en se suicidant pour sentir la vie lui revenir, écrit pour respirer, écrit pour vivre. 

L'originalité du roman se trouve entre les pages, entre des filets d'écriture discontinus, inconstants, des passages parfois inégaux et décousus, l'originalité il faut la chercher car elle se trouve dans les voyages, Chili, Argentine, Afrique du Sud, Namibie, Asie, Nouvelle Zélande, Nouvelle Calédonie... et puis parfois quelques bonnes tranches de rigolades viennent se glisser entre les lignes, dans la façon qu'a Caryl Férey de décrire la vie chic et bling bling d'un auteur qui n'a pas de succès à un auteur dont le livre est adapté au cinéma par Jérôme Salles avec Forest Whitaker et Orlando Bloom en stars sur le tapis rouge cannois.

Pour autant, ce récit là, tout comme "Zulu" m'a épuisée. Car les voyages de Caryl Férey, s'il essaie de les rendre "drôles", sont des voyages éreintants pour les âmes sensibles comme moi. Parce qu'il tente d''enquêter sur les pires massacres de l'humanité, les pires situations dictatoriales contemporaines, les pires désastres humains, dont on ne parle jamais assez en Europe, Caryl Férey s'engouffre dans la littérature noire et politicienne, dénonçant tour à tour les violences de l'apartheid à Cape Town ou dans le désert du Namib, les prisonniers torturés par dizaine de milliers en Argentine sous Pinochet, l'indifférence face à la condition des Maoris en Nouvelle-Zélande, la haine et la déchéance vis-à-vis de ce peuple désoeuvré et abandonné qui se drogue et s'alcoolise pour passer le temps... petit à petit, je me suis sentie étouffer, je me suis sentie comme oppressée.

Finalement, j'ai trouvé trois choses que j'ai bien aimées dans ce récit : les apartés de Caryl Férey et les notes de bas de page lorsqu'il commente les critiques de son éditrice, les surnoms qu'il donne à son entourage (Loutre-Bouclée pour sa compagne, Le Libraire-qui-trouve-ça-nul pour son ami libraire qui n'a pas aimé ses premiers romans...), et les envolées lyriques lors de ses voyages qui sont pour lui à la fois formateurs et nécessaires.

A travers ce roman, Caryl Férey fait revivre les fantômes du passé pas si lointain, de ces morts qu'on a violés, tués, assassinés, torturés et il ose rencontrer les milices, les flics pourris, les journalistes, les gens du coin, les propriétaires d'hôtels de passes, les errants dans le désert... alors on ne peut que saluer son travail formidable.

Ma note : Style 7/10 & Originalité 8/10 = 15/20

 

Publié dans romans, bookstagram

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