Écoute la ville tomber - Kate Tempest

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Écoute la ville tomber 

Kate Tempest

Résumé :

Traductrice : Madeleine Nasalik

Becky, Harry, Leon. Ils quittent Londres en pleine nuit, une valise d’argent pour seule ressource, avec la furieuse envie d’échapper à tout et de se réinventer. Comment en sont-ils arrivés là ? Que cherchent-ils à fuir ? Kate Tempest attrape le lecteur à chaque phrase en évoquant ces enfants du désordre, abîmés par la solitude et les déceptions avant même d’avoir trente ans, mais qui s’obstinent à poursuivre leurs rêves. Vendre de la drogue, danser, s’étourdir, ne sont que des manières d’essayer de vivre, intensément, éperdument.   Née en 1985 à Londres, Kate Tempest est romancière, dramaturge, poétesse et chanteuse. Véritable phénomène musical et littéraire, couverte de récompenses en Angleterre, elle crée la sensation à chacune de ses performances sur scène. En 2016, elle a écrit une chanson devenue un véritable hymne pour nos temps troubles, Europe is lost. Son premier roman, Écoute la ville tomber, a connu un succès retentissant dans le monde entier et l’a imposée comme « la voix unique de notre époque » (The New York Times).

Merci à Quentin et aux Éditions Payot Rivages : http://www.payot-rivages.fr/rivages/livre/ecoute-la-ville-tomber-9782743641993 

Un grand bravo pour le choix de la couverture, magnifique je trouve. Par l'illustratrice Lucille Clerc (Profil instagram).

Kate Tempest est une rappeuse, mélomane, elle sait jouer avec les mots comme on brode des chansons sur le vif, comme ça, dans un élan d'émotions, sur le moment, lorsque le coeur est là, chancelant, brisé, tiraillé.

Car c'est une auteure de la mélancolie, de la tristesse, de la déchirure. Il se dégage de son premier roman "Écoute la ville tomber", l'air d'une chanson parlée, d'une sorte de slam dur, brut, sac, élégant et juste.

Les personnages de Kate Tempest sont bien concrets, ils se dessinent et se faufilent à travers les pages et à travers les rues de la ville de Londres, sombre, sale, polluée. De leurs pensées vivaces, chacun va tirer des leçons de son passé et de son existence. Dans un mélange de violence et de retenue, Kate Tempest investigue dans les coeurs des femmes et des hommes qu'elle a choisi de raconter comme autant de situations du banal. Des familles brisées, assemblées et désassemblées, touchantes. Des couples désarticulés, qui s'attirent et s'opposent. La silhouette de la jalousie, de l'envie, de l'appât du gain facile...

Pourtant si l'on regarde de plus près, tous les traits sont exacerbés voire exagérés. Si l'on y regarde de plus près, on se dit que le portrait est grossi, alourdi pour attrister et amener de la pitié. La Vie est-elle aussi impitoyable que cela ? Finalement, oublions cela, retirons les traits du pinceau et ne pensons qu'à l'intrigue. Et là à mon grand étonnement il s'agit plus d'une intrigue digne d'un très bon thriller. Le suspense va grandissant, trépidant, le coeur s'emballe. On se demande comment chacun va s'en sortir. Chacun dans cette "jungle " tente de survivre à sa manière. On se doute à chaque coin de page que cela peut finir mal, en bain de sang.

Chacun se persuade que sa petite vie est belle : entre la danseuse masseuse Becky, la dealeuse-employée des ressources humaines Harry, et puis les parents qui ferment les yeux ou ne voient rien. Les sexualités qui se cherchent. Les souvenirs qui ressurgissent. Le petit frère qui trouve que la société est inadaptée et ne lui procurera jamais aucun travail adéquat. Le beau père qui à la sueur de son front garde l'espoir d'un jour meilleur en rénovant et réouvrant la vieille boutique de lunettes dans lequel il a travaillé si jeune. 

Dans ce roman d'ailleurs sonne comme un mantra la phrase "On ne choisit pas sa famille."

Oscillant entre roman à suspense et drame à l'américaine, proche d'un Michael Cunningham dépeignant à la fois une ville, des générations d'habitants, leur petite vie et leurs moeurs, ou encore proche d'un Colum McCann, il y a à la fois quelque chose de politique, d'engagé, de piquant et de mordant mais il y a aussi une poésie, une nostalgie, une vraie plume d'écrivain.

Le récit se tient et l'on suit avec plaisir les 3 principaux personnages, leurs familles et amis. Sans l'ombre d'un doute, c'est une petite pépite toute chaude sortie d'une âme en ébullition, anticonformiste.

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Commenter cet article

Our dark materials 07/04/2018 13:14

Je suis plutot d'accord avec toi sur plein de points mais malheureusement je n'arrive pas à le qualifier de pépite. Il y a de belles qualités dans ce premier roman et j'adore son travail poétique et musical mais pour moi la sauce n'a pas pris ... toutefois je trouve ta critique tres juste !