L'écrivain public - Dan Fesperman

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Élu meilleur roman policier de l'année par le New York Times!

Résumé : Février 1942, Woodrow Cain jeune flic du Sud des États-Unis atterrit à New York. Sa première enquête le mène à se confronter à la Mafia,aux jeux de pouvoir et à l'écrivain public Danziger.

Roman lu dans le cadre de la TeamThriller du Cherche Midi Éditeur.

Dans un seul roman, Fesperman réussit à condenser l'esprit d'un bon vieux polar à l'ancienne, d'une enquête policière, d'un feuilleton historique, tout cela à double fond, investigation menée tambour battant par un personnage très conventionnel du jeune flic complexé, sous les traits de Woodrow Cain. D'ailleurs Woodrow est fait d'un bois solide, il flotte un air de jazz, de carte postale new yorkaise noire et blanche, de volutes de cigarettes et de mâchoires ensanglantée.

Au départ le roman commence avec la narration de Danziger, écrivain public. Personnage très attachant. On se doute dès lors que ce dernier ne fera pas de la figuration. Le duo flic-vieux roublard à qui on ne la fait pas fonctionne très bien. La mécanique bien huilée du roman rend sa lecture très agréable. 

J'ai été agréablement transportée dans une époque lointaine. 1942. On se demande déjà où est le rêve américain ! Dans les rues sombres du New York corrompu, sur les docks crasseux et dans les bureaux d'administration, on cherche en vain ce symbole de la Liberté. 

La force de ce roman ? Son enquête tissée entre les lignes de l'histoire, la Grande pardon, la Guerre. 1942. La peur des nazis. Les idéologies. L'auteur s'attaque à du lourd. On part en guerre contre la corruption, mais Woodrow, dans la modestie, celle qu'il a forgée dans le Sud, ne pensait pas découvrir un univers mafieux si complexe. Parce qu'ici à New York, ceux qui mènent la danse ne sont pas forcément des criminels avérés, ce sont les puissants, des cols blancs ou des riches. Derrière le sourire de façade, chacun cache bien son jeu. Le sort des immigrés juifs, la Mafia, les nazis, tout est traité de façon magistrale par Fesperman pour nous rappeler à travers la fiction, que l'argent peut tout acheter, même le pire, même l'horreur. C'est l'instrumentalisation de l'idéologie nazie par des groupes mafieux, et l'arrivée au pouvoir d'une puissance allemande qui sont ici traitées. On n'oublie pas qu'aujourd'hui encore, le monde connaît de nouveau cette problématique avec l'économie du terrorisme. Le blanchiment d'argent, la propagande, les tractations diplomatiques, les ventes d'armes, les courriers cryptés, tant de choses effrayantes mais fascinantes qui sont toujours d'actualité !

Paranoïaques le Danziger et le Woodrow Cain ? Pas tant que ça. A mener leurs vies compliquées, ils vont se lier d'amitié même si l'un n'est pas vraiment celui que l'autre croit connaître. J'ai beaucoup aimé ce polar aux personnages intriguants et très émouvants, avec une véritable épaisseur à la fois psychologique et historique.

Publié dans romans, bookstagram

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