Les soeurs de Fall River - Sarah Schmidt

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Résumé : traduit de l'anglais australien par Mathilde Bach. Le 4 août 1892 à Fall River, Lizzie Borden découvre son père et sa belle-mère sauvagement assassinés. Elle est très vite soupçonnée par son attitude détachée.

Dans ce gros roman de 440 pages, vous vous glisserez dans la peau de quatre personnages assez tordus, dont les âmes sombres errent aux alentours de Fall River avec du sang sur la conscience. D'abord Emma et Lizzie, les deux soeurs, à la relation si compliquée, entre fusion et haine, puis Bridget, la femme de ménage irlandaise, maltraitée, dégoûtée par la famille Borden et particulièrement M. et Mme Borden, et enfin Benjamin, une figure du mal et de la vengeance sanglante.

La grande réussite de ce roman de Sarah Schmidt réside dans la force et la violence cathartique qui se sont déchaînées sur le couple Borden, assassiné à la hache. Une sorte de voyeurisme se développe autour du halo de mystère qui accompagne l'intrigue romancée d'un fait criminel qui s'est véritablement déroulé cette année-là. Avalée par la spirale du suspense comme en regardant un épisode d'Esprits Criminels, ou comme dans la froideur et la précision chirurgicale d'un Simon Liberati dans "California Girls" par exemple, je suis restée scotchée par cette oeuvre assez savamment écrite.

La plume est tour à tour glaciale, et chaleureuse, effrayante et puissante. Les rebondissements s'installent uniquement dans la psychologie des personnages, et non véritablement dans le déroulement des actes, même si l'auteure aime jouer avec les flash-backs mémoriels des personnages. Se souvenir, dans ce roman, c'est faire acte de contrition, c'est souffrir et se rappeler avec nostalgie que le passé aurait pu être autre si. Si seulement si.

Les regrets et l'esprit de vengeance plannent sans cesse sur les deux soeurs Emma et Lizzie, Bridget et Benjamin. Les uns comme les autres ont des relations particulièrement conflictuelles ou déchirées avec le passé et la famille. La famille y est un sujet abordé de manière frontale, dans toute la brutalité du père qui faute ou a fauté. Il n'y a donc pas vraiment d'optimisme ou de joies, à travers ce roman, vous vous sentirez happés par la sauvagerie et l'organique mais vous ne ressortirez pas soulagés ni plus légers.

C'est un roman lourd mais bien mené qui joue sur la culpabilité et les soupçons que les personnages se portent les uns aux autres. L'auteure décrit très bien la relation des deux soeurs dans un jeu de "Je t'aime moi non plus", entre jalousies maladives et amour réciproque. La mort est toujours à hanter ce roman à chaque page.

Je vous ai prévenus ! Je l'ai néanmoins dévoré sans complexe. Un roman coup de poing qui retourne l'estomac. 

Publié dans romans, bookstagram

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