Quatre conseils de lecture du mois de février à mars 2018 : Ceux d'ici, Hâte-toi de vivre, La mort de Fernand Ochsé, Vingt quatre heures de la vie d'une femme...

Publié le par Madame Tassa

Bonjour les lecteurs.rices ! Aujourd'hui je vous retrouve pour vous parler de quatre lectures des mois derniers que je n'ai pas eu le temps de chroniquer ni de recenser sur les réseaux sociaux. Sans plus attendre, voici la première :

La mort de Fernand Ochsé de Benoît Duteurtre

Littérature française - service presse NetGalley

Parution :  24/01/2018 EAN :  9782213629995 Prix imprimé :  19.00 € Format : 135 x 215 mm 300 pages

Résumé : On a  oublié combien Paris fut une ville heureuse : capitale des plaisirs où les plus grands artistes adoraient le café-concert, le music-hall et l’opérette aux mille succès repris dans le monde entier. De  1900 à 1940, Fernand Ochsé fut un personnage central de cette fabrique d'enchantements. Dandy proustien de la Belle Époque, tour à tour dessinateur, compositeur et décorateur, il allait contribuer à d'importantes créations théâtrales, mettre le pied à l'étrier du jeune Arthur Honegger, collectionner les tableaux rares et les objets étranges. Son  goût de la douceur de vivre ne l'empêchera pas de se voir rattrapé par la brutalité de l'histoire et d'embarquer, comme juif, dans le dernier convoi pour Auschwitz. A travers  son destin, c'est au basculement d'un monde que nous assistons. Basculement d’autant plus tragique que presque rien n'a subsisté de cette école de la légèreté souvent dédaignée dans la seconde moitié du XXe siècle. Artiste plein de charme dans l'ombre d'amis plus illustres, Fernand Ochsé est un guide idéal pour redécouvrir ces années modernes et joyeuses qui ont tant contribué au mythe parisien. Prix numérique :  13.99 € https://m.fayard.fr/la-mort-de-fernand-ochse-9782213629995

Mon avis : Dans cette fiction documentaire, biographie romancée, l'auteur nous offre un récit extrêmement érudit avec une foultitude de détails sur une époque foisonnante avant guerre, et pendant la guerre. La plume virevolte dans les volutes du passé, de temps à autre nostalgique et souvent admiratrice. L'auteur dévoile tous les événements et les personnages qui firent de Fernand Ochsé un artiste complet et accompli, à la fois compositeur mais aussi auteur, peintre, décorateur et écrivain. Un humaniste sur la voie du génie populaire. Pourtant le destin en décidera autrement. Disséquant l'anatomie intellectuelle d'une période de l'Histoire déterminante et le cerveau compliqué, passionné et amoureux d'un homme qui paiera le tournant tragique du monde, Benoît Duteurtre se perd dans un amoncellement de détails et de références littéraires et culturelles. Pourtant, touchée par cette histoire, j'ai aimé ce livre.

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig 

Olivier Bournac (Traducteur) Alzir Hella (Traducteur)

http://www.livredepoche.com/vingt-quatre-heures-de-la-vie-dune-femme-stefan-zweig-9782253060222

Résumé : Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée… Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amoket du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Mon avis : Un coup de coeur ❤. Évident. Oui.  Comme une évidence. L'écriture de Stefan Zweig a de nouveau percé mon coeur. C'est souvent un coup de foudre émotionnel puisque c'est l'auteur du sentiment vrai et de la passion, de l'amour de l'être et des personnages corps et âmes dévoués à leur rôle respectif. Dans cette nouvelle, l'auteur réussit à donner de l'intérêt à l'ennui : parce que c'est bien la description de la banalité frappée par l'ennui, un peu comme le roman Madame Bovary, c'est l'irruption de la passion irréelle dans le réel. C'est le désoeuvrement entraînant l'aventure et les palpitations du coeur. Lorsque l'on suit l'héroïne courant sur le quai de la gare à la rencontre d'un être aimé ou posant son regard fébrile sur la main de son bien aimé : on ressent tout. Les frémissements, les intentions, les soupirs et les regrets. Un chef d'oeuvre. 

Hâte-toi de vivre ! De Laure Rollier

http://mazarine.fayard.fr/hate-toi-de-vivre-9782863744789

Service presse Netgalley 

Résumé : 7 h 52. Collision. Accident de voiture. À son réveil à l’hôpital, Léo, jeune professeure de philosophie âgée de trente ans, se retrouve nez à nez avec Mamie Lina, qui n’est autre que sa grand-mère décédée. Personnage haut en couleurs à l’humour cinglant qui donne son avis sur tout – sans qu’on le lui ait demandé –, celle-ci s’immisce dans la vie quotidienne hésitante de Léo et de ses amis Louise et Juju, à un moment décisif de leur vie. Par ses interventions intempestives, cette grand-mère pas comme les autres chamboule tout sur son passage. Mais en confrontant Léo à ses peurs et à ces secrets qui hantent toute famille, elle fait à sa petite-fille le plus beau cadeau : le courage de saisir la vie à pleine main – et de donner une chance au bonheur.

Mon avis : Je ne vais aller jusqu'à dire que ce roman m'est tombé des mains. Parce que je l'ai lu en entier, voyez-vous et que par bien des aspects je lui ai trouvé des défauts et en même temps une capacité de divertissement assez sympathique. Le roman commence avec un accident. L'héroïne Léo semble à peine ébranlée par l'événement si bien qu'au départ j'ai cru qu'il ne lui était finalement rien arrivé. Pourtant si, elle a bien pris un coup sur la tête puisque la voilà aux toilettes de l'hôpital à voir sa grand mère Lina. Passés quelques gros clichés déstabilisants, on ressort de cette histoire sans avoir ressenti beaucoup d'émotions mais un peu plus légère. Et surtout, c'est un très bon roman sur la vie, sur le CARPE DIEM (pour une héroïne prof de philo c'est tout de même essentiel). C'est aussi un roman qui vous offre sur un plateau un duo de choc : la jeune - l'ancienne. On rit parfois aux réactions de la grand-mère. Finalement, grâce à cette relation aînée-nouvelle génération c'est une histoire initiatique et réconfortante que nous conte Laure Rollier. Desservie par une écriture trop lisse et banale, les moments dramatiques du roman perdent de leur importance. D'autres romans comme celui de Karin Kalisa lu il y a peu, ou Eh bien dansons maintenant ! de Karine Lambert, traitent plus finement de nos aînés et d'histoire familiale.

CEUX D'ICI de Jonathan DEE

Elisabeth PEELLAERT (Traducteur)

Collection : Feux croisés

Date de parution : 11/01/2018 service presse de Netgalley

Résumé :Jonathan Dee, " l'un des meilleurs décrypteurs de l'Amérique contemporaine ", livre un roman magistral sur la middle class et ses désillusions. Captivant et terriblement actuel. Howland, petite ville du Massachusetts, attire de nombreux riches vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts depuis un placement hasardeux. Lorsque Philip Hadi, un richissime gestionnaire de fonds d'investissement, s'installe dans la maison d'à côté, cela ne se fait pas sans heurt. Le quotidien de Mark et de sa famille se transforme lentement... Quand Hadi se lance en politique et devient maire de Howland, modelant par petites touches la ville à son image, le fossé se creuse encore un peu entre le New-Yorkais et les habitants de la petite ville. Réussissant à capter un moment d'histoire, Ceux d'ici met en lumière les défis auxquels sont confrontés les États-Unis aujourd'hui : les inégalités toujours plus fortes, la paupérisation des classes moyennes et la montée d'un nouvel autoritarisme. Surtout, c'est la fin du rêve américain que Jonathan Dee analyse et met en scène de main de maître. Un roman social non seulement brillant, mais aussi inquiétant de réalisme. " Jonathan Dee livre un roman social non seulement brillant, mais aussi inquiétant de réalisme. Un texte tellement actuel et pertinent qu'on en vient même à se demander comment Dee a pu l'écrire avant les dernières élections. " Booklist " Passionnant. Les personnages de la middle-class, tous à la poursuite du rêve américain, sont brillamment développés et leurs préoccupations sont terriblement actuelles. Dee mène l'intrigue d'une main de maître et fait monter la tension jusqu'à la parfaite note finale. " Publishers Weekly " Un nouveau roman magnifique... Dee s'est surpassé avec Ceux d'ici. Cet ouvrage examine la psyché américaine mise à mal entre les deux années charnières que sont 2001 et 2008. " Boston Globe

Mon avis : Allez. C'est presque un coup de coeur ❤.C'est surtout une belle découverte, un beau détour, une parenthèse autour du 11 septembre. Le recouvrement. La guérison. Les caractères. La Vie des gens. Leurs blessures. Les choses qui ne se réaliseront jamais ; les désillusions. Entre histoires familiales, politiques, roman fleuve et roman réaliste, Jonathan Dee, a, je trouve, une écriture juste et lisse, fluide et simple. Dans la première partie, le roman est bien construit. J'aime le début du roman et son récit hautement désabusé, critique et moqueur, acerbe et vif sur les dérives d'une Amérique qui a égaré son rêve américain et qui haït les étrangers. L'argent. Money money money. Et l'ambition. La cellule familiale d'abord. L'auteur réussit à dépeindre l'égocentrisme et l'égoïsme, l'hypocrisie et la froideur des familles américaines face à l'adversité. Le romancier pointe du doigt les failles dans une fresque sociologique. Passionnant, même si la fin laisse sur sa faim. 

MON AVIS pendant la lecture : Ce weekend j'ai entrepris de relire le début de "Ceux d'ici" de Jonathan Dee. Car j'avais le sentiment d'avoir loupé quelque chose du début. Et comme je voyais sur instagram que beaucoup d'entre vous ont aimé ce roman... ▪Juste à l'incipit, avant que le titre n'apparaisse en grand comme au cinéma "Ceux D'ici" je n'avais pas su comprendre l'humour noir du personnage. Après 60 pages de relecture, me voici rassurée. Ce roman est une petite perle finalement. Comme je les aime tant ces romans qui dépeignent une Amérique états-unienne qui tente de recomposer son visage, recoller les morceaux, après le terrible attentat du 11 septembre 2001. Il faut se demander : qu'y a-t-il à reconstruire ? Toute une société sûrement. Des individus cassés, perdus, Américains pure souche ou pas pure souche qui à la sueur de leur front se construisent un avenir meilleur et en oublie l'Autre, le voisin, l'étranger, le pauvre dans la rue,... Pour montrer la vie ordinaire d'un couple de la middle class et mieux briser le rêve américain, Jonathan Dee déploie toute une fresque de personnages qui évoluent comme dans un feuilleton à l'américaine. ▪La suite au prochain numéro. ▪ Il vous tente ? . . . . . . ▪Lecture @netgalley Merci aux éditions Plon Feux Croisés // (issu d'un post instagram)

 

Connaissez-vous ces romans ? Avez-vous envie de les lire ?

Publié dans romans, liste, bookstagram

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Commenter cet article

Camille 30/04/2018 08:49

J'ai beaucoup aimé Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig ;)

Madame Tassa 30/04/2018 20:54

Oui quel talent !!!