A la vie, à la mer d'Evelyne Néron Morgat

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Résumé :

Voilà déjà quatre ans que Mélina Prades est revenue à Oléron pour y lancer son entreprise ostréicole artisanale. Elle est désormais reconnue et acceptée par tous. Seule ombre au tableau, l'indifférence de Nathanaël, son meilleur ami et ex-amant. Ce dernier n'a plus en tête qu'Evaëlle, sa petite fille de deux ans dont la mère est morte en couches. Le port vit sous le dictat de Rodolphe, président auto-proclamé, aussi vénal que dangereux. Une situation que ne supporte plus Mélina, prête à tout pour sauver la pêche traditionnelle oléronaise. Même à risquer sa vie ? Animé des mêmes convictions, Nathanaël surmontera-t-il son drame pour devenir un allié... et plus encore ? (source : babelio)

Je remercie les éditions Incartades pour cette lecture !

A la vie, à la mer est une ode. Une ode à l'amour tout d'abord. Dans une sorte de triangle amoureux où l'héroïne ne sait si elle doit se tourner vers son ex, Luc, ou vers son amour de toujours Nathanaël, l'écrivaine parvient à créer une sensation de désir tangible, d'attente langoureuse, de frustrations et de colères saines. A travers cet amour, un couple naît, une nouvelle famille aussi. Tandis que de terribles trahisons se mettent en place !

Mais la partie la plus intéressante du roman, si ce n'est la plus fondamentale, c'est cette ode à la mer et à l'île. On y voit l'héroïne évoluer dans un milieu marin, on sent l'air iodé, on respire l'air frais, on se prend les embruns sur le visage et mon dieu, que cela fait du bien. J'admire cette capacité qu'a eu l'autrice à nous immerger presqu'en vacances avec elle, sur cette île d'Oléron que je ne connais pas (sacrilège je vais à l'île de Ré depuis ma naissance !). Le vocabulaire de l'autrice est remarquable lorsqu'il s'agit des choses de la mer, de la pêche en particulier, et j'ai parfois regretté de ne pas avoir de lexique/dictionnaire avec moi car certains termes m'ont échappé.

La troisième ode dans ce roman est l'ode à la pêche, aux métiers de la mer, à ceux qui travaillent l'océan, le poisson, l'huître, tout! C'est un univers masculin, abrupte, difficile, sévère, froid, austère. Contrainte à cette atmosphère de mâles testostéronés, l'héroïne a choisi une vie d'ostréicultrice. Elle est entourée de personnages attachants et à l'accent bien local. Face aux sempiternelles agitations de la mer, elle va devoir faire face aux vengeances humaines.

Car c'est bien une histoire de "vengeance", la violence va régner sur l'île, mais le mystère plane comme dans un thriller. J'ai apprécié tout le côté "écologiste" de ce roman qui nous parle sur de très longues pages de dialogues, de la pêche intensive, des problèmes politiques, du déni européen, de l'abnégation des pêcheurs, de leur résignation. Je les ai trouvés très courageux et je ne vais pas vous mentir, j'ai appris des choses que j'ignorais sur ce métier.

A bord de son Esmeralda, Nathanaël doit combattre son passé et naviguer vers le futur, en cherchant cette sérénité de père de famille qu'il voudrait être, mais ses plans seront contrecarrés par une série d'agressions, des histoires de reconnaissance paternelle (ah la génétique!), d'espionnage et de manigances contre le port qu'il aime tant. Bien évidemment, la fin m'a surprise.

Malgré quelques longueurs (les histoires d'amour, en général m'agacent héhé), j'ai apprécié cette lecture qui se termine sur une grande révélation. C'est un roman sur une femme courageuse et aussi sur l'avenir de nos petits ports de pêche (enfin pas si petits que cela apparemment). C'est typiquement un roman du terroir que j'aurais acheté en vacances sur une île !

 

Publié dans romans, bookstagram

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