Le Grand Marin de Catherine Poulain

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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🌊《 Le Grand Marin 》de Catherine Poulain | 🖤🖤🖤


Résumé : je vous la fais courte, une femme veut pêcher. Elle dit "Je voudrais qu'un bateau m'adopte." Elle part vers l'Alaska.

Mon avis :

C'est un livre étrange. Comme ensorcelant. Il a reçu plus de quatre prix littéraires et pourtant. Il ne ressemble à aucun autre livre que j'ai lu. Il oscille entre aventure, grand air, "nature writing", introspection et romance. Il ne sait pas trancher. Il n'est pas très bien écrit (du moins, permettez-moi de ne pas être trop méchante, mais on passe du familier, au style poétique). C'est une littérature de la "vérité" vous diront certains. De la vraie vie ? Oui. Sauf que je connais déjà les Tesson et compagnie dont l'écriture est plus travaillée. Ici pourtant l'auteure parvient à m'émouvoir malgré une héroïne qui pendant le premier tiers du roman ne sait parler qu'avec des "oh oui", "oh non".

Et si l'écriture est indécise, si elle n'est pas forcément "stylisée", si elle n'est pas travaillée, cela donne cet effet de solidité comme de fragilité. Il n'y a pas de "Nous sommes ici face à un chef d'oeuvre de littérature". Non, nous sommes ici face à un vrai roman d'aventure, avec les nausées, la fatigue, les brûlures du sel de la mer et du soleil, les beuveries, les mains calleuses, le sang, l'odeur du poisson et du café. C'est cette capacité de nous faire vivre au jour le jour l'envie de la narratrice, de nous faire monter avec elle sur le bateau, qui est admirable. 

Une héroïne mutique donc. Brute de décoffrage. Et dont l'unique désir, si désir il y a, c'est d'embarquer sur un bateau de pêche et d'apprendre le métier à la dure. Elle évolue dans un monde d'hommes et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Mais elle a de grandes difficultés. Elle est sensible. Ainsi ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est qu'on n'a pas l'impression que la narratrice veuille se donner un genre, un style. Elle vit le moment, quand il est difficile elle pleure, quand il faut avoir mal, elle a mal, quand elle aime, elle aime. Elle est une femme. Mais en même temps, j'avais peur que le roman tourne à la romance un peu niaise et trop féminine. J'avais tort. Et je pensais que le roman me ferait peur avec des "Attention, dans un monde d'hommes, attendez-vous à vous faire bouffer, femmes!". Et pas du tout.

C'est donc une échappée (pas belle, c'est-à-dire sans vraiment d'élégance mais une certaine beauté dans le réalisme), mais au-delà de cela, c'est une recherche de soi et de l'autre. C'est l'envie de quitter ce monde matérialiste. Quitter la terre ferme. C'est une fuite en avant. C'est une lutte acharnée pour se retrouver et finalement s'apercevoir que l'être humain est toujours en proie aux sentiments les plus bas même si l'Amour est ce qui guide nos personnages, aveugles qu'ils sont.

Je vous le conseille. C'est dépaysant.

 

Publié dans romans, bookstagram

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