L'histoire des États-Unis, 4ème édition dirigée par Bernard Vincent

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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DISCLAIMER/ vous ne trouverez aucune fiche de lecture complète ni d'analyse approfondie d'un livre sur ce blog qui n'a vocation qu'à vous donner envie de lire les livres que je lis, à donner mon "ressenti" subjectif et mon humble avis, même s'ils sont pour les études et les concours de l'enseignement.

J'ai terminé "Histoire des États-Unis" (4e éd.) dirigée par B.Vincent 

("Bernard Vincent est professeur émérite d'histoire et civilisation américaines à l'Université d'Orléans et enseigne à l'Université à Foscari de Venise, il a été directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, directeur du Centre de recherches historiques (EHESS-CNRS), il est ancien président de l'Association française d'études américaines et il a consacré de nombreux ouvrages à l'histoire du XVIIIe siècle, plus particulièrement à celle des Etats-Unis : Thomas Paine ou la religion de la liberté (Aubier-Montaigne, 1987), Amistad : les mutins de la liberté (Archipel, 1998), Le sentier des larmes : le grand exil des Indiens cherokees (Flammarion, 2002), Présent au monde : Paul Goodman (Bordeaux, L'Exprimerie, 2003)",

comme dit sur le site babelio.com).

Résumé : L'histoire des Etats-Unis est d'abord celle d'un essor : celui d'une petite colonie lointaine devenue une immense "nation d'immigrants" et la première puissance de notre époque. C'est ensuite celle d'une nation-phare, première colonie "auto-libérée" et première "république" du monde moderne. C'est enfin celle d'un rêve – hétéroclite – composé d'égalité et de prospérité, de vertu et de progrès, de liberté individuelle et de culte du droit, de puritanisme et d'aspiration au bonheur, de conformisme et de respect des différences, d'unité nationale et de droits des Etats. Les contradictions de ce grand pays font partie de la fascination qu'il a toujours exercée, au même titre que ses célèbres principes fondateurs, son génie technologique ou sa culture populaire. C'est sous cet éclairage que les auteurs du présent ouvrage ont cherché à retracer l'histoire complexe des Etats-Unis. (source : éditeur)

Je l'ai lu pour l'agrégation d'histoire et je voulais vous livrer mon sentiment. Tout d'abord, je n'ai lu que les 567 premières pages, c'est-à-dire que j'ai zappé les annexes qui livrent les différents amendements de la Constitution américaine, que j'ai par ailleurs déjà étudiés en LLCE Anglais, ainsi que divers autres textes de loi. J'ai par contre trouvé utiles la chronologie à la fin de l'ouvrage. Les cartes sont trop petites et en noir et blanc sur la version poche de Champs Histoire Flammarion, ce qui les rend peu agréables à étudier.

Si j'ai voulu lire TOUTE l'Histoire des Etats-Unis c'est pour une seule raison : on ne peut pas comprendre tous les évènements qui constituent l'histoire d'une telle nation sans faire d'incessants parallèles entre les évènements du passé lointain et du passé proche. Ainsi, partant de constat, il me fallait une somme, ou un bréviaire, ou quelque chose qui me relate toute l'histoire des Etats-Unis d'Amérique. J'ai trouvé cette édition dans la bibliothèque de droit de ma faculté.

Il est fortement utile de se replonger dans les arcanes d'une république aussi étrange que proche de nous. Car comment voulez-vous comprendre le temps de la Révolution (1775-1783) et de l'indépendance si vous ne connaissez pas l'Amérique coloniale et ses ambitions, ses rêves, ses conflits avec la mère patrie (La Grande Bretagne) ?

  • Comment comprendre la naissance de la première République (fédérale) au monde, les changements dans sa Constitution, les fondements de son économie, le sentiment qu'il faille toujours conquérir plus par l'impérialisme (à l'origine du fameux "Go West!" du XIXe siècle) ?
  • Et puis comment comprendre les différences entre les états du Sud et les états du Nord sans envisager l'union en péril des années 1829 à 1865 ?
  • Comment comprendre Martin Luther King sans les prémices de Booker T. Washington et encore avant lui la fin de l'ère esclavagiste marquant le début de la ségrégation et l'avènement du Ku Klux Klan ?
  • Comment comprendre ce libéralisme galopant, cette liberté d'entreprendre, cette indulgence envers la faillite et l'endettement sans étudier le Gilded Age et les robber barons (Les Rockfeller et compagnie) ?
  • Comment comprendre les luttes idéologiques contre l'islam aujourd'hui sans voir les luttes contre le communisme (le Red Scare, le procès des Rosenberg...) ?
  • Comment comprendre une guerre qui s'enlise, une guerre de machines et de napalm au Vietnam sans avoir étudié avant les deux guerres mondiales et leurs enjeux (Les 14 points de Wilson, le plan Marshall de Truman en 47...) ?
  • Comment comprendre l'incessant progrès des États-Unis en terme de nouvelles technologies, en terme d'industrie, mais aussi d'écologie, de féminisme et de culture sans voir se développer les mouvements contestataires de la contre-culture et du milieu underground des sixties ?

Ce livre est assez complexe et il veut tout dire en omettant quelques détails sociologiques et culturels, s'appuyant plutôt des stats et des lois.

Le livre est extrêmement bien documenté. Il ne répond qu'à une seule partie de la question abordée au concours de l'agrégation d'histoire cette année : en effet il traite des États-Unis selon un aspect purement... politique, voire institutionnel et aussi d'un point de vue légal. C'est-à-dire que vous y trouverez tout ce que l'Amérique a de plus procédurière, toutes les Lois, les "Acts", "Bills", "Rights", chartes, traités, amendements de la Constitution, abreuvent l'ouvrage de leur nom compliqué. Tout cela pour expliquer que les Etats-Unis d'Amérique se construisent autour d'une règle, d'une loi écrite et que la Constitution est presque vivante, mouvante et changeante qu'elle est à travers le temps. 

Les doctrines s'enchaînent de la New Frontier, de la Manifest Destiny en passant par la Doctrine Truman et son plan Marshall, ou la doctrine du maccarthysme contre les "rouges" (les communistes) ou encore la doctrine Monroe et puis la doctrine de l'endiguement lors de la période appelée "Détente". Et tant d'autres ! Chaque président avait sa doctrine !

Dans ce livre on comprend que pour parler d'histoire aux Etats-Unis, il faut aussi connaitre ses lois. Oui, car on ne peut pas passer à côté de certaines lois fondatrices. Comment ne pas savoir que la jurisprudence Brown vs. Board fait échos à celle de Plessy vs. Ferguson (au sujet des droits des Noirs à l'égalité) ? Comment ignorer que si les premiers droits ont été acquis en 1863 pour les Noirs par les Nordistes, ils ne seront véritablement appliqués que cent ans plus tard en 1964 et que les préjugés culturels entre Blancs et Noirs reculeront à peine ?

Le défaut de ce livre c'est qu'il est noyé dans les dates et les statistiques, ainsi que les noms de secrétaires d'Etat, ministres ou généraux obscurs, que la lecture est peu aisée et peu fluide parce qu'il y a sans cesse des encarts qui coupent les paragraphes. Cependant chaque encart est nécessaire à la lecture car ils permettent de zoomer sur des détails de l'histoire, par exemple en faisant le portrait d'un président ou d'un haut fonctionnaire, ou en établissant la chronologie d'une loi, de son idée en passant par son abrogation ou alors sa ratification...

Son intérêt par contre, c'est qu'il élabore un réseau, un lien entre chaque présidence, chaque administration. Le début du livre offre aussi un panorama des colonies américaines avant l'indépendance avec des détails très intéressants et parfois étonnants.

On découvre tout de même des pages intéressantes sur l'american pop-culture des années 80 (l'hégémonie américaine, la quatrième puissance (Les médias), Coca Cola, McDonald's meilleur employeur, IBM et Apple vendant des millions d'ordinateurs...), on lit également des pages passionnantes sur la culture émergente (qui fait face au vide culturel précédent les années 60 aux USA) des sixties, avec le rock, Elvis Presley, les Beatles outremer, le renouvellement du cinéma, de l'art et du roman, l'avènement des musicals et de la société de consommation (à outrance).

D'autres chapitres intéressants sont ceux sur JFK et LBJ, Kennedy et Johnson, même si inévitablement la période Kennedy comme Johnson sont trop rapidement vues et qu'elles consistent surtout en un étalement de statistiques et de lois. La période Nixon est bien documentée. Le côté "médiatique" des affaires sont effleurées, il est bien dit l'importance de la télévision et de la presse mais je pense que c'est un sujet qu'il faudra creuser ailleurs.

Ce livre est clos par deux chapitres "Le temps des guerres" sous G.W.Bush (précédés par les autres guerres de ces prédécesseurs) et "Le temps des crises" sous Obama. Aujourd'hui ce n'est donc plus de guerres dont il faut parler mais de 'crises', qu'elles soient financières, pétrolières, industrielles, idéologiques, ou technologiques (internet...)... Les derniers chapitres sont assez sombres et reflètent bien les enjeux d'une société "hyper-complexifiée" "hyper-connectée".

Le livre contient une très bonne bibliographie courant sur une trentaine de pages. Je ne conseille pas ce livre aux simples amateurs d'histoire, il paraît un peu trop technique et vous ennuiera légèrement par le côté très bureaucratique et technocratique des Etats-Unis, malgré tout c'est une approche extrêmement intéressante.

Bonnes lectures à tous :)


Publié dans histoire, bookstagram, life

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