Faire profession d'historien de Patrick Boucheron

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Faire profession d'historien

de Patrick Boucheron

BONJOUR | 🌲🌿 

Résumé : « Pour ma part – et c’est en ce sens que je conçois cette “profession” d’historien – je veux croire à l’émancipation par la pensée critique, aux valeurs de transmission et de filiation, à l’amitié, aux livres. Je veux croire à l’histoire, si l’histoire est ce récit entraînant qui nous soulève et nous désoriente, nous oblige et nous délie. Je veux croire qu’il n’y a pas de libération plus vaine que celle qui prétend nous arracher aux rigueurs du travail intellectuel ou aux fidélités que l’on doit à ses prédécesseurs, qu’il n’y a pas de générations plus tristes que celles qui ne se reconnaissent plus de maîtres, qu’il n’y a pas de plus belle activité pour l’esprit que de lire avec bienveillance, et se laisser surprendre par de nouvelles admirations. » P. B.  (Source: Seuil)

Cette semaine j'ai lu "Faire profession d'historien" de Patrick Boucheron. J'étais curieuse. Je creusais des pistes pour l'écriture de mon projet, scrutant le moindre indice pour trouver des réponses à mes questions sur les outils épistémologiques et la réflexivité historique. Rien à voir avec la réflexologie plantaire donc.😅

Mon avis:

C'est pour l'instant un dispensable de l'ego-histoire. Parce qu'il y a encore trop peu d'historiens qui écrivent sur leur propre démarche historiciste. Pierre Nora, Carlo Ginzburg, Umberto Eco, Paul Veyne ou Arlette Farge ont écrit leurs témoignages chacun à leur manière. Je vous les conseille d'ailleurs tous. Mais ici, l'auteur nous livre le texte qui accompagne son HDR, la fameuse habilitation à diriger des recherches en France. En 212 pages, il critique son parcours académique et intellectuel, décrivant les aléas d'étudiant, les vicissitudes de la recherche, les conflits entre collègues, les moments de doute, la peur de l'imperfection et de l'inexactitude.

Si au départ j'ai trouvé ce livre pompeux sur une dizaine de pages, je me suis vite rendue compte que c'était l'exercice d'écriture de ce genre littéraire qui rendait le livre ego-centré. Finalement, après l'avoir refermé, je peux dire, j'avoue même, avoir été emballée par la générosité de l'historien, admettant ses défauts, avec du recul. A la tête de la rédaction de la revue L'Histoire, il dit combien la vulgarisation est décriée par ses collègues universitaires alors qu'elle est si importante pour atteindre tous les publics, mettant en garde tout de même contre la démagogie.

Rappelant les querelles d'historiens, (ex: historiens de l'art versus historiens tout court), mais aussi tout ce qui rassemble les historiens ensemble, ce qui fait que leur métier est capital, parlant de l'enseignement et de la recherche avec passion, presque "naïvement" alors que sa plume cherche la réflexion et l'analyse, on comprend mieux les enjeux d'une profession de foi dans la discipline. Et au final, alliant curiosité et esprit d'ouverture, esprit rationnel et désir de fantaisie littéraire, les sciences humaines au complet y ressemblent.

 

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