Le bâtiment de pierre d'Asli Erdogan

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Le bâtiment de pierre 

Asli Erdogan

H E L L O | 🌱

About the author of this book : Physicist, Aslı Erdoǧan worked at the European Nuclear Research Center in Geneva. She is one of the most important voices of contemporary Turkish literature. Her books are translated in Europe as in the United States. After many months in prison, as many opponents of the regime, Asli Erdoğan, waiting for the resumption of her trial, currently lives between Germany, Italy & France.

Physicienne de formation, Aslı Erdoǧan a travaillé au Centre européen de recherches nucléaires de Genève. Elle est l'une des voix les plus importantes de la littérature turque contemporaine. Ses livres sont traduits en Europe comme aux États-Unis. Après de longs mois de prison, comme de nombreux opposants au régime, Asli Erdoğan, en attendant la reprise de son procès, vit actuellement entre l'Allemagne, l'Italie et la France. (Source : Actes Sud)

Résumé : Une femme se souvient du Bâtiment de pierre. Dans cette prison, des militants politiques, des intellectuels récalcitrants à la censure, des gosses des rues – petits voleurs de misère – se retrouvaient pris au piège. De ce monde de terreur véritable, la narratrice de ce récit est pourtant revenue et sa voix, en une étrange élégie, se fait l’écho d’un ange, un homme qui s’est éteint dans cette prison en lui laissant ses yeux... Un texte rare sur l’un des non-dits de la vie en Turquie.

L'avis :

Après avoir eu du mal à me faire à ce ton onirique et rêveur, j'ai ressenti la terreur de l'autrice et de tous les écrivains et intellectuels mis au ban de la société dans laquelle ils sont nés, emprisonnés pour avoir eu un avis différent de celui du gouvernement. 

Ce récit est une sorte de dérive fantasmagorique où se mêlent les fantômes des autres prisonniers et où l'esprit de la femme qui se souvient s'adresse à la fois à un ange et devient peut-être elle-même cet ange... les métaphores y sont nombreuses, on sent que l'on se trouve dans un genre de long poème. Les sentiments sont palpables. La pierre qui enferme aussi. Sur les murs (in)visibles qui se dressent sur son chemin, une femme parle de la peur et de l'incompréhension : celles qui l'ont ébranlée lorsqu'elle a été accusée puis enfermée.

C'est cet enfermement qui nous oppresse. Contre cette injuste infamie, l'autrice nous fait comprendre la violence étatique, la censure, l'acharnement politique. Entre transe mystique et errance spirituelle, la plume se veut répétitive comme dans une longue prière, une longue complainte. Vous serez peut-être perdu(e)s, mais je pense que c'est là le but. S'émouvoir de la perte de repères en prison.

L'on ne sait plus où l'on se trouve vraiment. A tourner les pages, on pense à des romans aussi importants que "Le dernier jour d'un condamné". Il ne s'agit donc nullement d'un pamphlet, plutôt d'une exortation de la mémoire, l'obligation de s'exprimer sur quelque chose d'inexprimable tant la barbarie de l'Etat est absurde. 

Ce récit est d'une importance capitale. Il ne s'échoue pas dans le simple rapport journalistique ou la critique politique inflammatoire. Au contraire, il prend la portée universelle de tous les opprimés du monde. Une écriture féminine originale et tragique.

A lire💕

Publié dans romans, bookstagram

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