Une nuit à Aden d'Emad Jarar (tome II)

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Une nuit à Aden 

tome II 

Emad Jarar

H E L L O | 🌅

Grâce à @babelio_ j'avais pu lire (avec du retard à cause de l'agrégation) le tome 2 d'Emad Jarar. Je ne connais rien de l'auteur à part ce qu'il a pu peut-être raconter de lui par le narrateur du récit d' "Une nuit à Aden". J'ai aussi parcouru le tome 1 qui est surtout un essai au sujet de l'islam. Vous y retrouverez maintes citations et maints arguments pour démontrer que l'islam des intégristes n'est pas l'islam de la plupart des pratiquants/croyants. Ce type de parti pris, vous allez me dire, n'est pas nouveau ? Pourtant, Emad Jarar le fait avec originalité, je trouve, et sans langue de bois.

Lien vers le tome 1 : https://www.babelio.com/livres/Jarar-Une-nuit-a-Aden-tome-1/1055341

Résumé tome 2 qui peut se lire indépendamment du tome 1 :

« Soudain, le fil de mes pensées cesse quand, dans l'obscurité, je perçois au loin comme le bruit d'un moteur, arrivant de nulle part ; il semble provenir du fin fond de cette nuit : c'est un son aussi fin que le soupir de la nuit si elle pouvait respirer. Il y a que je n'ai plus besoin de tendre l'oreille pour écouter la nuit profonde. De mes mois de captivité et d'isolement, j'ai appris à domestiquer les bruits du silence, à soupeser l'air de ma prison ; et je le sens cette nuit-ci plus léger ; ou est-ce mon corps qui est plus lourd à l'approche de la mort ? Oui ! l'idée me passe dans l'esprit que ce bruit peut plus facilement transpercer l'atmosphère si fine de cette nuit ; c'est celui d'un moteur très au loin, et je l'entends à ne point s'y méprendre. Je me tourne vers la sentinelle : elle dort toujours. » Ce roman, en deux tomes, à l'intrigue palpitante d'émotion, raconte la jeunesse d'un Palestinien qu'un destin étonnant et une histoire d'amour hors norme conduisent à la découverte de lui-même, de sa conscience, et de sa relation avec les religions de son enfance, l'islam et le christianisme. Par une introspection à la fois insolite et spirituelle, il nous décrit comment les élans de la divine Providence le mèneront d'Alexandrie à New York, puis Sanaa, Aden, Djibouti, et enfin, Paris. Il est né musulman, certes ; mais sa raison défie cette réalité et son coeur refuse de le suivre. Il réalise peu à peu que cette religion à laquelle il se croyait enchaîné, occulte en fait la vraie nature de ce rite à l'emprise implacable sur un milliard et demi de fidèles... Un récit captivant. Une réflexion morale et spirituelle sans concession. Une lecture de rigueur pour comprendre le rôle du Coran au XXIème siècle et son emprise sur la pensée islamique confrontée à la vie moderne.

Mais revenons au tome 2. Emad, un Palestinien, travaille pour les Nations Unies au Yémen dans les années 90, région toujours à feu et à sang. Dès le départ, Emad donne le ton. L'islam dont il va parler est celui des intégristes, des terroristes. Il fait une rencontre malencontreuse : il est arrêté par un homme qui le juge et le discrimine pour sa religion (Emad se fait passer pour chrétien). En effet, Emad est issu des deux cultures : de sa mère il a reçu une éducation chrétienne, de son père il est plutôt musulman. Après de brillantes études en Occident, Emad est capable de vous démontrer par A+B ce que le Coran dit ou ne dit pas. Quelques jours plus tard, Emad se fait enlever et il est emprisonné comme otage français chrétien.

Cette réflexion morale et spirituelle est véritablement intéressante. Emad Jarar a une écriture très fluide, parfois très belle, même poétique. Ses histoires d'amour sont tendres et ses digressions religieuses passionnantes. Le suspense grandit à chaque page ce qui en fait rapidement un page turner. Ça n'est malgré tout pas un thriller à l'américaine mais bien un récit rigoureux qui plonge dans les facettes de l'islam et même du judaïsme et du christianisme.

Pourtant la fin m'a laissée dubitative. Je pensais réellement, vue la mentalité de l'auteur, que ce dernier irait vers une autre piste que celle-là car, avant cette fin décevante (le choix de sa religion officielle), un des rebondissements de l'histoire m'a laissée stupéfaite dans le bon sens du terme. L'histoire aurait pu s'arrêter là, sur ce message de tolérance, d'ouverture aux autres, peut-être sur son message de laïcité, mais ça n'est pas le cas, autant vous prévenir. A moins que je n'aie pas tout compris.

Cependant, la vision de l'auteur est nécessaire dans le panorama littéraire musulman. Il offre un regard "occidentalisé", certes, mais baigné de religieux, dans son parcours métisse. Dans le tome 1, ce regard me paraissait plus optimiste, tandis qu'avec le développement de l'histoire du tome 2, il est bien évident que l'auteur ne voit rien de positif dans l'évolution de la religion de son père aujourd'hui.

Quelques pages sont vraiment magnifiques lorsqu'il décrit le véritable fondement de la religion musulmane, lorsqu'il décrit la beauté de cette culture, l'apport de la religion dans la littérature. Et comme je l'ai déjà dit, c'est le dernier rebondissement avant la fin qui m'a énormément plu. J'ai néanmoins appris beaucoup de choses sur le Coran et l'histoire des pays arabes et du Moyen Orient.

Face à l'érudition de l'auteur, je m'excuse pour cette chronique légèrement confuse et j'espère tout de même lui avoir rendu justice.

A lire!

Merci pour ce service de presse !

Une nuit à Aden d'Emad Jarar (tome II)

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