Deux essais que je vous recommande : Judith Butler et Nicole Bacharan

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Deux essais que je vous recommande : Judith Butler et Nicole Bacharan

H E Y | 🌱🎇

Deux conseils- lectures aujourd'hui ! Il y a un moment que j'ai lu ces deux ouvrages (en février 2019 je crois) et je voulais vous en parler mais comme ça n'est pas franchement mon domaine de prédilection dont je ne suis pas spécialiste j'ai bien du mal à trouver mes mots, mais qu'importe donc, je vais vous parler du ressenti, ce qui devrait régler le problème.

"Les Noirs américains" de Nicole Bacharan : grande spécialiste que vous avez déjà vue dans les médias, Nicole Bacharan prend un ton simple, formel et agréable pour parler de l'histoire des Noirs américains d'hier à nos jours. J'ai bien moins apprécié cette lecture que celle que je vous avais présentée de Sylvie Laurent sur Martin Luther King, qui présentait l'originalité de s'appuyer sur des textes de Noirs, les principaux concernés. Ici c'est donc une belle leçon d'histoire, certes, mais se bornant à ce que je savais déjà personnellement avec toutes mes lectures à ce sujet. Reste néanmoins un questionnement contemporain qui manque à certains essais plus anciens. Je vous le conseille si vous vous intéressez à cela mais que vous ne lisez pas de livres plus poussés.

Le résumé

Ils sont arrivés au Nouveau Monde réduits à l'état de sous-hommes, esclaves. Quatre siècles d'asservissement, de ségrégation, de violences, de souffrances ont suivi. Quatre siècles de combats pour reconquérir le statut d'être humain, imposer leurs droits, affirmer leur dignité. Il n'y a pas si longtemps, lorsque Barack Obama était enfant, Martin Luther King était assassiné, et les Noirs d'Amérique risquaient encore le lynchage. Après plusieurs année de recherche, Nicole Bacharan a reconstitué cette histoire tumultueuse dans laquelle défilent d'immenses personnages, de Frederick Douglass à Muhammad Ali, d'Angela Davis à Barack Obama. La spécialiste des Etats-Unis nous fait vivre ici chacune des étapes de la longue marche de ceux qu'on appela tour à tour "esclaves", puis "gens de couleur", "Negroes", "Noirs", "Afro-Américains" et qui se nomment, enfin "Américains".

Paru chez TEMPUS / Perrin ou chez Panama éditions 

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"Défaire le genre" de Judith Butler est un chef-d'œuvre des gender studies qu'il faut avoir lu si vous vous penchez sur la question de genre. Malgré ma réticence face à certains ouvrages trop militants, féministes ou non binaires, j'ai clairement été soulagée par la lecture de cette essayiste spécialiste en littérature qui m'a mise face à ce fait: de quel genre suis je? Celui que j'ai envie d'être au jour le jour ou toute ma vie. Modifier la perception du genre est pour l'autrice une lutte politique et sociétale, une mission civilisatrice nouvelle contre les dictatures genrées : défaire le genre c'est arrêter de penser de façon binaire homme/femme ou pire femme lesbienne / femme hétéro par exemple. Si vous voulez aller plus loin, lisez les livre d'Anne Fausto-Sterling. Certains réagissent bizarrement en arguant que l'homme/la femme c'est la nature, c'est comme ça, et c'est bien pour cela qu'ils devraient lire ces livres, car la nature n'est jamais simple et cela en fait toute sa beauté !

Résumé : "Faire" son genre implique parfois de défaire les normes dominantes de l'existence sociale. La politique de la subversion qu'esquisse Judith Butler ouvre moins la perspective d'une abolition du genre que celle d'un monde dans lequel le genre serait "défait", dans lequel les normes du genre joueraient autrement, tout autrement. Que le genre puisse être défait présuppose en effet qu'il est un " faire" susceptible de transformations et non une structure figée et immuable. Ce livre, retour critique sur les analyses développées par l'auteure dans Trouble dans le genre, s'inscrit dans une démarche indissociablement théorique et pratique : il s'agit, en s'appuyant sur les théories féministe et queer, de faire la genèse de la production du genre et de travailler à défaire l'emprise des formes de normalisation qui rendent certaines vies invivables, ou difficilement vivables, en les excluant du domaine du possible et du pensable. Par cette critique des normes qui gouvernent le genre, avec plus ou moins de succès, il s'agit ici dégager les conditions de la perpétuation ou de la production de formes de vie plus vivables, plus désirables et moins soumises à la violence. Judith Butler s'attache notamment dans les présents essais à mettre en évidence les contradictions auxquelles sont confrontés ceux et celles qui s'efforcent de penser et transformer le genre. Défaire le genre manifeste en particulier le souci de la façon dont les luttes pour la reconnaissance et l'égalité sont susceptibles, pour ainsi dire malgré elles, de contribuer à l'invisibilisation et à l'exclusion de certain-e-s. Sans prétendre toujours dépasser ces contradictions, ce livre semble en définitive suggérer la possibilité de leur traitement politique : "La tâche de tous ces mouvements me paraît être de distinguer entre les normes et les conventions qui permettent aux gens de respirer, désirer, aimer et vivre, et les normes et les conventions qui restreignent ou minent les conditions de la vie elle-même. La critique des normes de genre doit se situer dans le contexte des vies telles qu'elles sont vécues et doit être guidée par la question de savoir ce qui permet de maximiser les chances d'une vie vivable et de minimiser la possibilité d'une vie insupportable ou même d'une mort sociale ou littérale".

Paru aussi chez éditions Amsterdam

Alors les sujets vous tentent-ils?

 

Publié dans romans, Essais, bookstagram, histoire

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