Djamilia de Tchinghiz Aïtmatov (traduction Louis Aragon et A. Dimitrieva)

Publié le par Madame Tassa

@tassadanslesmyriades

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Djamilia 

de Tchinghiz Aïtmatov

traduit par Louis Aragon et A. Dimitrieva

Résumé (babelio) : 

«Djamilia était vraiment très belle. Élancée, bien faite avec des cheveux raides tombant droit, de lourdes nattes drues, elle tortillait habilement son foulard blanc, le faisant descendre sur le front un rien de biais, et cela lui allait fort bien et mettait joliment en valeur la peau bronzée de son visage lisse. Quand Djamilia riait, ses yeux d'un noir tirant sur le bleu, en forme d'amande, s'allumaient... Et j'étais jaloux d'elle, comme les jeunes frères sont jaloux de leurs sœurs... »

«Oui, pour moi, c'est la plus belle histoire d'amour du monde.» Louis Aragon

Il s'agit donc de la plus belle histoire d'amour selon Aragon dépassant même les souffrances de Werther ou Bérénice ! Ce roman kirghiz nous emmène loin dans une contrée peu connue. Cette édition folio contient une préface d'Aragon élogieuse qui nous rappelle non explicitement : Aragon a travaillé pour L'Humanité, a dirigé le journal résistant et communiste Les Lettres Françaises, en plus d'être un immense poète dont le verbe est identifiable entre tous.

Pour bien situer le décor :

Des steppes. Des fermes collectives. Des kolkhozes. Des yourtes.

L'Union soviétique. Les hommes à la guerre. Les femmes au travail. La terre.

La figure de la mère. La figure de la bonne épouse. Le travail. L'amour. Les chants.

Si vous retrouvez ici les éléments qu'illustrent le marteau et la faucille, vous retrouverez également cette vision de la femme qui veut être l'égale de l'homme (tout est relatif à l'époque...), ce regard admiratif des Français comme Aragon pour le communisme soviétique. L'amour y est presque caricatural, la femme dépeinte entre la dure à cuire et la soldate.

Je n'ai jamais eu l'impression de comprendre l'histoire d'amour entre Djamilia et Danïiar malgré une immersion totale dans une œuvre poétique.

Pour ma part, j'admire la plume d'Aragon, mais ce court roman kirghiz de Tchinghiz Aïtmatov souffre à bien des égards de petits défauts, à commencer par une traduction très "aragonienne" (d'où un léger biais idéologique ?)

Contexte historique oblige (années 50, communisme..., etc.), il faut bien avouer que c'est tout de même pour le moment une bien belle lecture !! Pensez-vous que les traductions peuvent parfois nous jouer des tours ?

Poétique ? Presque trop. Le langage de la traduction est puissamment évocateur et emprunte à Aragon des figures de style subtiles et sensuelles. On en perd l'horizon kirghiz. On oublie qu'il s'agit ici de littérature étrangère. On est quasiment dans un roman d'Aragon au milieu des monts kirghiz, de la steppe kazakh, et l'éloge du travail de la terre, de la mise en commun des biens, de la ménagère qui sait tout faire... C'est le narrateur qui m'a émue, touchée.

Et j'ai apprécié l'écriture et le dépaysement. J'ai voyagé. C'est beau et élégant. J'ai lu ce livre comme une fable d'émancipation. Un conte d'antan.

Citations

《Dans la profondeur du tableau, il y a la ligne d'un ciel fané d'automne.》p.25

《Et Djamilia travaillait avec énergie, avec une poigne d'homme.》p.38

《Pour tendre la main au soleil, et s'embourbait à son tour dans les taillis et les ténèbres》p.88

 

Publié dans romans, bookstagram

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