Le yoga et la médecine ayurvédique avec Océane Foulon, professeure de yoga/ayurvéda

Publié le par Madame Tassa

Bonjour à toutes et à tous, 

 

Aujourd’hui je reviens vers vous avec un article sur … le yoga. J’ai décidé de le publier assez tardivement dans l’été pour peut-être vous pousser à vous mettre à cette pratique dès la rentrée. Car comme nous le savons tous, il y a certaines dates un peu stupides où l’on choisit de changer ses habitudes (et parfois pour de mauvaises raisons, certes, comme le nouvel an ou avant l’été…). La rentrée est le moment où l’on s’inscrit à des activités sportives ou créatives et pour moi le yoga fait partie des deux. 

 

Il y a quelques mois j’ai rencontré Océane Foulon, professeure de yoga/ayurvéda et après avoir discuté longuement avec elle, j’en ai appris beaucoup sur ces pratiques. J’avais déjà écrit un article à ce sujet avec la merveilleuse Mathilde qui donnait le sourire à chaque séance de yoga avec elle. Retrouvez l’article ici.

La rencontre avec Océane

 

Océane Foulon voulait faire des études de diététicienne et des études de sport. C’est pendant ses études de sport qu’elle a fait SA rencontre irréversible avec le yoga. Il y a 4 ans, le yoga l'a aidée à se recentrer sur elle-même et à en apprendre plus sur son corps (beaucoup plus !). Grâce au yoga, elle a développé sa formation autour de l’ayurvéda, une pratique holistique ancestrale de l’Inde qui permet de se soigner naturellement. Holistique = qui s'occupe du corps dans sa globalité. Par cette pratique quotidienne qu’elle a appris à maîtriser, elle a réalisé qu’elle pouvait améliorer pas mal de choses dans sa vie, comme la santé de sa peau par exemple (acné, etc.)

 

En quête d'un diplôme, Océane finit par réaliser que le yoga l’intéresse bien plus que le fitness. Elle s’est inscrite à Suryaworld, une école de yoga et d’ayurvéda basée à Tours, et est partie en Inde pour effectuer une formation, un vrai plongeon dans le grand bain ! Cette formation tournait autour de l’écologie, de l’humanitaire et prévoyait d’apprendre à soigner son propre corps avant de soigner celui des autres. Elle a pu rencontrer des docteurs ayurvédiques, participer à des consultations et à des cours. J’ai moi-même déjà assisté à une consultation de médecine chinoise très proche de l’ayurvédique et avec étonnement, Océane me l’a racontée comme je l’ai vécue, ainsi : « Le docteur ayurvédique prend le pouls du poignet pour y déceler la moindre anomalie dans le corps », le docteur qui lui prend le pouls décèle un problème hormonal. Océane ne s’en formalise pas vraiment. Mais quand elle rentre en France, après avoir consulté un autre médecin, on lui découvre effectivement une maladie hormonale ! Les problèmes de santé qu’elle rencontrait alors s’expliquèrent d’eux-mêmes ! Je peux vous confirmer que cette technique du poignet est impressionnante car pour y avoir assisté sur des étudiants en médecine dubitatifs et très cartésiens, eux aussi n’en sont pas revenus !

 

La médecine ayurvédique en question

 

En Inde, il existe une pratique ayurvédique qui prévoit une purification en 5 étapes et qu’Océane a vécue sur le terrain. On peut pratiquer ou accéder à la médecine ayurvédique via des institutions comme le panchakarma ou l’ashram/vedia, où les docteurs ayurvédiques consultent et se forment eux-mêmes, parfois par simple transmission familiale. Le yoga est prescrit comme partie de la médecine préventive ayurvédique, c’est-à-dire que, contrairement à la médecine qui guérit les maladies (la médecine thérapeutique), la médecine préventive prévient la maladie afin qu’elle n’apparaisse pas. 

 

Mais comment fait-on cela ? « On détermine sa constitution », dit Océane. Et d’ailleurs c’est une médecine qu’on pratique depuis la nuit des temps, déjà depuis l’Antiquité, mes études m’ont amenée à lire des traités du fameux Hippocrate (une famille de médecins de l’Antiquité) ou de Galien… « On cherche à savoir si les tissus ne subissent pas une obstruction » ajoute Océane, « et on utilise les plantes pour résoudre l’obstruction et rétablir l’équilibre, comme les épices, le poivre, des plantes chauffantes ou astringentes, etc. Tout dépend de l’origine de l’obstruction et de la constitution du corps ».

 

La médecine par les plantes

 

Ainsi chaque plante a des vertus, en fonction, justement, de sa propre constitution (qualité). Cette vision, je peux vous le dire, est en histoire de la médecine appelée « vision symbolique » ou « théorie des signatures ». Mais qu’est-ce que c’est exactement ? C’est la théorie qui attribue à chaque chose (notamment les plantes), des qualités qui sont désignées en fonction de sa ressemblance à une partie du corps humain ou de sa valeur symbolique intrinsèque. Ainsi une fleur jaune au Moyen Âge pouvait soigner les personnes atteintes de jaunisse. Mais attendez, vous allez me dire que par conséquent, la théorie des signatures et donc la médecine ayurvédique disent n’importe quoi ? Oui et non. La classification ayurvédique repose sur des millénaires de pratique et donc sur les actions des plantes les plus efficaces. Ce n’est absolument pas scientifique mais basée sur l’empirismeAujourd'hui, la science et la chimie permettent de montrer la véritable action de certaines plantes ou autres aliments sur le corps.

 

Des exemples ? La racine shatavari est nommée la « plante des femmes ». Une sorte de panacée de la femme. Originaire de l’Inde, appelée aussi asperge, elle a de nombreuses « vertus » médicinales notamment sur les menstrues des femmes, la ménopause, le SPM ou la digestion. Corroborées par un bon nombre d’articles de la littérature médicale scientifique, les vertus de cette plante ont été vérifiées : son profil phyto-chimique et pharmacologique colle bien avec son attribution ayurvédique. (ex : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4027291/). Les médecins ayurvédiques n’ont bien entendu pas cherché eux-mêmes le profil chimique et moléculaire mais à force d’expérimentations et de soins répétés à travers les siècles et les siècles, d'imitations et de corrections, ils ont réussi à constituer une véritable pharmacopée fonctionnelle.

 

Océane me dit que la racine ashwagandha est largement utilisée en médecine ayurvédique pour le sommeil et sa puissance contre les maladies immunitaires (qui me touchent particulièrement). Mais les plantes ne sont pas les seuls remèdes ! Dans l’ayurvéda on pratique la méditation. TOUS LES JOURS. Et on apprend les bonnes postures : elles sont le lien avec la nature, avec les animaux, avec la terre, le ciel, tous les éléments qui organisent notre système. Comment travaille-t-on sur le corps alors ?

Les différents corps

 

Océane me dit qu’en ayurvéda il existe plusieurs sortes de corps. Le corps physique, le corps auquel on pense en premier. Il y a le corps énergétique, car les énergies jouent un rôle fondamental dans cette médecine. Il y a le corps émotionnel, celui qu’on peut peut-être comprendre le plus avec le corps physique. Et aussi un corps spirituel. Plus difficile d’accès ;)

Pour illustrer les flux énergétiques, Océane me donne une image toute simple : le corps est comme une toile d’araignée, cette toile recouvre nos muscles, elle représente le lien entre le corps physique et le corps mental. Le yoga est un moyen de développer ce lien : le yoga vinyasa est le mouvement du souffle dans le corps, ce souffle partant du cœur. Un travail de longue haleine mais facile à réaliser avec de bons professeurs de yoga !

 

L’alimentation ayurvédique

 

Dans l’alimentation aussi ces liens ont leur importance. Mais on tient compte également des saveurs, car les aliments ont la qualité d’être chauds ou froids, comme ils sont doux, piquants, amers ou acides dans notre vocabulaire occidental. L’estomac et les poumons sont le siège kapha, car en médecine ayurvédique, il existe trois doshas :

 

« En Ayurvéda, médicine traditionnelle de l’Inde, on aborde la réalité de chaque personne en fonction de trois principes inhérents à la nature : le mouvement, la transformation et la préservation. On nomme ces principes les trois doshas et leur compréhension est essentielle à la compréhension ayurvédique de la santé. » (http://www.mangersantebio.org/9840/les-trois-doshas-en-ayurveda-kapha-ou-la-preservation).

 

Ce siège kapha est le siège de l’équilibre global du corps, le kapha préserve le corps et il peut être régulé par l’alimentation, me dit Océane. On peut être plus ou moins kapha selon notre constitution. 

 

Dans l'ayurvéda, l'alimentation est végétarienne. Cela a son importance aussi.

 

Je lui parle de mes nombreux problèmes de santé (notamment basés sur des dérèglement immunitaires) et elle me dit qu’il existe une alimentation spécifique à mon problème, par exemple la boswellia sallaki, (la boswellie, https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=boswellie_ps) une plante d’Inde, qui travaille sur l’inflammation, ou la plante guggulu (myrrhe indienne). De plus, selon ma constitution kapha je dois manger moins d'aliments acides comme la tomate...

Comme j'ai déjà fait l'expérience de plantes assez miraculeuses pour des soucis de santé (gingembre, curcuma, noix, onagre, camomille, lavande sont très efficaces sur moi par exemple).

 

 

Le yoga et la médecine ayurvédique sont-ils bons pour tout le monde ?

 

Je demande : « Le yoga est-il bon pour toutes les situations du corps, les femmes enceintes par exemple, les personnes handicapées, ou les personnes âgées ? ». Il n’y a pas de contre-indications mais seulement des bonnes pratiques. Le travail sur le souffle par exemple, peut réduire la douleur et le stress, et cela ne nécessite pas d'être "valide" (je déteste ce mot, mais c'est pour vous donner l'image) . Il existe un yoga pour chaque partie du corps. Il faut être vigilant lorsqu’on consomme des plantes comme on fait tous attention à ce que l’on mange tous les jours…

 

Pour la douleur, Océane continue en me disant qu’il existe en ayurvéda, des massages purificateurs. Je suis curieuse. Qu’est-ce donc que cela ? Océane les connaît bien car elle les pratique. Il y a le massage abhyanga, plutôt basique, qui est un massage qui agit sur la circulation des énergies dans le corps. C’est un massage à base d’huiles et de pochons spécifiques. C’est ce qu’on appelle dans un jardon ayurvédique : la marmathérapie. Elle fonctionne sur des points marma, des « petits carrefours », un réseau de canaux, et de chakras, ah oui les fameux !

 

 

D’ailleurs parlons du karma et des chakras, ça m’intéresse ! En posant des questions à ce sujet à Océane, celle-ci m’indique qu’il existe une dette karmique. Une dette en Occident : on doit la rembourser ! Eh bien en Inde, la dette karmique est quelque chose qui doit sans cesse être rééquilibrée également et tout y participe : de nos actions au quotidien, à notre façon d’être, de manger, etc.

 

 

Qu’est-ce qu’un chakra ? : c’est dans le yoga, un des sept points vitaux où circulent et se concentrent l’énergie : chakra sahasrara au niveau du crâne, chakra ajna ou chakra du troisième œil, chakra vishuddha à la gorge, anahata au niveau du cœur, manipura (le seul que je connaissais, au plexus solaire), le chakra swadhisthana ou chakra sacré au nombril, et puis le chackra muladhara ou chakra racine en bas de la colonne vertébrale (vessie, colon, etc.)

 

 

On peut avoir des doutes sur l’efficacité de certaines pratiques non prouvées scientifiquement. Pourtant, beaucoup d’études montrent que les bienfaits de cette médecine sont nombreux, même sur des cancers. Bien évidemment, certaines choses comme les associations de couleurs et de pierres ou encore de traits de caractères sont assez ambigus, elles sont liées à ce que je disais plus haut « la théorie des signatures », au symbolique. Néanmoins, l’esprit humain est bien trop mystérieux et tortueux pour écarter toutes les possibilités qu’il offre dans les processus de guérison et de résilience. En Occident, on parle platoniquement d’ « effet Placebo » pour les rémissions miraculeuses dues à ce type de médecine. Moi je préfère parler de la force de notre esprit et de notre corps. La médecine ayurvédique et le yoga sont des bons moyens d’accompagner les maladies, en parallèle d’un véritable suivi médicalisé. Océane Foulon en est la preuve elle-même, car l'ayurvéda a pu résoudre les mystères de ses problèmes de santé liés à un syndrome hormonal et gynécologique qui déséquilibre son corps tout entier. Pour ma part, je considère que même avec mon handicap et mes douleurs, le yoga m'a véritablement appris à faire confiance en mes capacités physiques et à retrouver une mobilité (notamment du bassin).

 

Cet article n’a pas pour but de vous engager à vous passer de médecin mais plutôt de comprendre les bénéfices d’un accompagnement mixte : médecine traditionnelle et médecine générale.

 

Vous pouvez retrouver Océane grâce à l’association Surya Tours, et aux Océades (salle de fitness, notamment rue Febvotte, que j'ai fréquentée pendant 1 an). Voici son compte instagram et son facebook pour la contacter. 

 

 

Bibliographie :

 

Vaidya Atreya Smith,

« Anatomie et physiologie ayurvédique » https://www.amazon.fr/Anatomie-Physiologie-Ayurvedique-Vaidya-Atreya/dp/2918508020

et « Le traité diététique ayurvédique » https://www.amazon.fr/Traite-Dietetique-Ayurvedique-Vaidya-Atreya/dp/2952080232

et « Dravyaguna pour les Occidentaux : https://www.amazon.fr/Dravyaguna-pour-Occidentaux-Phytotherapie-Ayurvedique/dp/1494253925

 

 

David Frawley,

« Santé par l’ayurvéda » https://www.amazon.fr/santé-par-lAyurvéda-thérapies-ayurvédiques/dp/2951801920

et « La divinité des plantes » https://livre.fnac.com/a1581904/David-Frawley-La-Divinite-des-plantes

et « Yoga and Ayurveda » https://www.amazon.co.uk/Yoga-Ayurveda-Self-realization-David-Frawley/dp/0914955810

 

 

 

 

 

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Crevette diplomate 26/09/2019 16:56

Bonjour Tassa,
les livres que tu nous conseilles dans la bibliographie sont-ils accessibles au néophyte ? Car je suis très intéressée par cette médecine, notamment sur les doshas.
Concernant, le pouls, j'ai une collègue dont la sage-femme est très portée sur la médecine asiatique, et elle arrive à connaître le sexe de l'enfant en tâtant le pouls de la mère, et bien avant la 1re écho !