Moby Dick: 5 bonnes raisons de le lire

Publié le par Madame

Moby Dick d'Herman Melville : Ou la Whaling attitude

Moby Dick, c'est en gros la peinture d'une époque révolue, d'une chasse au monstre, d'une vengeance personnelle, d'une quête de pureté et d'une aventure humaine extraordinaire, tout cela avec beaucoup d'humour.

S'il on devait lire un livre qui ait marqué l'Histoire, avec un grand H, alors on choisirait selon son état d'âme "Ulysse" de James Joyce, ou encore du Oscar Wilde ou du Virginia Woolf ou bien Thoreau. Mais parmi les romans modernes, ceux qui s'attachent à nous laisser une trace à tout jamais, Moby Dick est de l'un de ceux-là. Une œuvre magistrale qui se lit sous divers angles et divers degrés, mais toujours avec plaisir. Voici 5 bonnes raisons de l'adopter:

1. Parce que le personnage principal est drôle

Ismaël est le narrateur, et le personnage "principal" de l'œuvre. C'est cet homme qui se décide à partir à la pêche aux baleines comme on déciderait un beau matin de partir vivre en ermite en Alaska parmi les ours, les loups et à -40 degrés. Ismaël s'embarque sur un navire du capitaine Achab. Il fait la rencontre de personnages tous les plus cocasses les uns que les autres, entre Queequeg, Starbuck, Elijah, etc. Il nous raconte son aventure comme une série de sketchs et de malheureuses circonstances aussi drôles qu'originales. Lorsqu'Ismaël se trouve obligé de partager le lit d'un chasseur de baleines venu d'une île de cannibales, la situation est des plus délicieuses. Ironie, parodie, Melville utilise tous les ressorts comiques d'un one-man-show. Gad Elmaleh avant l'heure?

2. Parce que c'est le premier roman moderne à présenter la diversité

Outre le personnage narrateur Ismaël, dont le nom est bibliquement recherché, le roman fait la part belle à une grande diversité de personnages secondaires venant de tous les horizons et quand je dis de tous les horizons, je n'exagère pas. Des parties de textes sont dévolues aux différentes réactions des marins à bord venus de Chine, d'Afrique, d'Inde, d'Espagne, de France, etc. jusqu'aux lieux les plus reculés du monde. Les meilleures descriptions restant celles de Queequeg, d'un pays cannibale, le harponneur Tashtego, indien, le noir Daggoo, etc. Avouez que niveau diversité, le gouvernement Hollande pourrait faire mieux! Dès lors, Melville s'impose en tant que modèle contemporain. Moby Dick, anti racisme?

3. Parce qu'on peut le lire et le relire sous différents angles

Si vous aimez les livres où l'écriture recèle quelques théories, quelques symboles cachés, alors Moby Dick comme Ulysses de James Joyce est un must du genre. Toujours dans la métaphore, particulièrement biblique (les noms Elijah, Ismaël, la "baleine blanche", etc.) nous entraîne au cœur d'une intrigue complexe mais bien écrite: le capitaine Achab cherche à se venger de Moby Dick qui représenterait le Mal (le Léviathan) pour lui alors que les chapitres avec le terme "blancheur" nous laissent à croire que Moby Dick pour l'auteur, est un élément de fascination sur la pureté, la virginité, le Bien, la Nature. Doit-on avoir peur de la Nature? Oui, vous répondrait Thoreau. Est-ce une critique de la religion, de la société, de l'Homme en tant qu'individu ? Ou quand nos choix personnels prévalent face à l'intérêt général. A voir.

4. Parce que tous les grands auteurs contemporains le citent

Moby Dick est sur toutes les lèvres. Tout le monde en parle. Il n'y a pas si longtemps je lisais un magazine Lire de François Busnel sur les auteurs américains et quasiment tous citaient le chef d'œuvre melvillien. Paul Auster, Roth, McCann, Moody, Toni Morrisson, ... Moby Dick est hype, chic, trendy. C'est le livre qu'il faut citer avec Ulysse de James Joyce, The Great Gatsby de Fitzgerald, Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde ou encore Miss Dalloway de Virginia Woolf. C'est le livre qui a permis de construire des générations d'auteurs, de romanciers d'aventure, des œuvres avec du fond et de la forme, une forme de contestation, un fond d'ironie et d'humour, un cocktail détonnant. A placer dans les conversations intellos.

5. Parce qu'on aime les baleines

Même si le monstre, ce terrible mastodonte, peut-être le plus grand cétacé de son temps, n'apparaît que dans quelques trois chapitres me semble-t-il, Moby Dick, le cachalot ou "baleine" blanche, est le symbole de toute une idéologie, une métaphore du Bien et du Mal, le reflet de la société dans laquelle Melville vivait et dans laquelle nous vivons toujours, car rien n'a malheureusement beaucoup changé.

Les lecteurs ou non-lecteurs de Moby Dick ont parfois confondu le mythe qui veut que l'histoire soit triste et qu'Achab soit méchant, après avoir capturé Moby Dick (relisez bien), le mythe populaire voulant que le cachalot soit celui qui perde face au triomphe humain (relisez bien encore)...

A tous les écolos du dimanche, la baleine, symbole biblique, blanche, couleur de la pureté, Moby Dick est devenu la créature qu'on prend pour icone sur les étendards du pacifisme et de l'environnementalisme. Par ignorance ou par erreur. Adoptez-la quand même.

Publié dans romans, Coup de coeur

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Commenter cet article

totorosreviews 24/10/2015 21:13

j'ai eu beaucoup de mal avec cette lecture (et pourtant j'avais une version jeunesse raccourcie!), que ce soit le style ou le thème, vraiment je n'ai pas accroché :/

Madame Tassanie 27/10/2015 11:23

Oui chacun ressent différemment les romans. Cest ce que je préfère dans un livre. Chacun se l'approprie et je voulais justifier le fait que Moby Dick soit l'un des romans les plus appréciés de tous les temps bien que beaucoup d'autres détracteurs pensent qu'il s'agit de la plus grosse arnaque niveau intrigue. Quant aux thèmes ils sont vraiment là, analysables et passionnants.

totorosreviews 24/10/2015 21:13

j'ai eu beaucoup de mal avec cette lecture (et pourtant j'avais une version jeunesse raccourcie!), que ce soit le style ou le thème, vraiment je n'ai pas accroché :/