Seul dans le noir de Paul Auster

Publié le par Madame Tassanie

Un livre sans prétention qui raconte la quête d'identité dans une société américaine qui culpabilise après la période post-irakienne de Bush.

Résumé de Wikipédia

August Brill est un critique littéraire, âgé de 72 ans, qui a survécu à la mort de son épouse et vit chez sa fille, récemment divorcée, en compagnie de sa petite-fille, dont l'ami a été tué lors de la guerre d'Irak. Seul dans le noir, incapable de s'endormir, il invente l'histoire d'Owen Brick, qui se réveille un jour dans un trou dont il ne peut sortir seul, vêtu d'un uniforme. Les États-Unis sont en pleine guerre civile, une guerre de sécession. Le pays n'a jamais entendu parler des attentats du 11 septembre ni de la guerre d'Irak. Paul Auster passe d'un récit à l'autre : les souvenirs douloureux du vieil homme insomniaque, devenu infirme à la suite d'un accident de voiture ; ses discussions avec sa petite-fille, qui a abandonné ses études de cinéma à la suite de la mort de son ami, et avec laquelle il passe ses journées à regarder des films puis à en évoquer les épisodes marquants ; l'histoire d'Owen Brick, qu'il invente pour chasser ses souvenirs, et dans laquelle il joue lui-même un rôle.

Ma chronique:

La guerre et la mémoire

Ça commence dès le début par des histoires de mémoire. August rêve car il n'a que ça à faire. Il rêve et crée des histoires pour entraîner sa mémoire. Il invente Owen qui est tombé dans un trou (trou de mémoire?). Owen ne sait plus qui il est, ce qu'il doit faire ni où il est. En fait, on parcourt le livre comme si on suivait la plume du narrateur August dans son processus créatif, et sous celle de l'auteur Paul Auster qui questionne le travail d'un écrivain et d'un homme qui vieillit dans la solitude.

August est immobilisé dans son lit (peur de la paralysie?), il est retraité, (peur du manque d'occupation?), il écouté avec appréhension les bruits de la maison car il a peur pour sa fille Miriam, dépressive et divorcée depuis longtemps, ainsi que la peur de la dépression de sa fille Katya dont le compagnon est mort en Irak. August veut réécrire l'histoire sans en avoir vraiment conscience. Avoir été critique littéraire lui laisse des regrets. Il en vient à poser la question de la responsabilité d'un hommme vis à vis de son existence (lui, en tant que critique) et vis à vis de l'Histoire (le 11 Septembre a tout changé pour Paul Auster). L'Amerique parallèle en guerre qu'il recrée (en guerre civile) est une Amérique qui ne se supporte plus elle-même.

Paul Auster lui-même?

Peut-être suis-je trop cruelle mais j'ai trouvé ce roman un peu nombriliste par rapport au travail impeccable des autres œuvres de Paul Auster. On dirait qu'il sent la peur en lui venir de ce moment où apparaîtra le trou de mémoire et il mélange cela avec un monde en guerre, apocalyptique, une parabole anti 11 Septembre. Tout se trouble et la fin est bizarre. Malgré le suspense qui nous lie au héros pensant et au héros actant. Entre imaginaire et irréel.

Note - 14,5/20

Publié dans romans

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Claire 24/10/2013 19:32

Ça donne envie de le lire malgré la note basse.

Madame Tassanie 26/10/2013 23:36

Merci:)